Le Venezuela devrait atteindre une inflation de 3000 % en 2020

Le parlement vénézuélien a annoncé un taux d’inflation cumulé de 3045,92 % entre janvier et novembre 2020. Selon la Banque centrale, la variation des prix a subi une hausse de 46,6 % en janvier, en baisse par rapport à décembre (+77,5 %).

Le site 20 minutes note toutefois que “la Banque centrale a l’habitude de publier ses chiffres d’indicateurs économiques avec du retard, et parfois n’en divulgue aucun pendant des mois”. Malgré tout, cette tendance devrait se confirmer sur l’ensemble du cru 2020.

Un leadership divisé

Pour information, Florence Pinot de Villechenon, professeure à l’ESCP et directrice du Cérale, avait rappelé en début d’année auprès de France 24 que Juan Guaido est à la tête d’une opposition fatiguée”. Et pour cause, le président vénézuélien, Nicolas Maduro, et le chef de l’opposition et du Parlement, Juan Guaido, en place depuis un an, n’arrivent toujours pas à s’entendre sur les futures échéances politiques et économiques à mener au sein du géant-sud-américain.

“J. Guaido a surestimé ses capacités à forcer la fin du régime de Maduro. Le pouvoir actuel tient par le jeu d’intérêts économiques. La garde rapprochée de l’actuel président vénézuélien n’a pas pris ses distances avec (lui)… Car les généraux bénéficient de l’argent du trafic d’or, de drogue et de pétrole que le président leur laisse. Et ils ne semblent pas prêts à y renoncer”, précisait ainsi l’intéressée.

Avant d’ajouter que “toutes ses tentatives pour renverser le pouvoir sont restées vaines. Ni les manifestations qu’il a organisées début 2019, ni même son appel aux troupes à se soulever, le 30 avril, n’ont abouti : les casernes n’ont pas bougé. Quant à l’état-major, ce dernier est resté loyal à Nicolas Maduro”.

Dans les faits, le chef de l’opposition s’était auto-proclamé président par intérim du Venezuela au mois de janvier 2019. Désormais, plus de 50 nations le reconnaissent d’ailleurs comme le leader légitime.

Ingérence américaine

De son côté, le clan Maduro – soutenu par la Russie, la Chine, l’Iran, la Turquie et Cuba – reproche à l’oncle Sam (version administration Trump NDLR) de vouloir placer “son poulain”, Juan Guaido, à la tête de l’Etat. Une “machination” qui s’apparente à une stratégie de hard power en bonne et due forme en provenance de la Maison Blanche. En atteste, la décision de Washington de geler l’ensemble des avoirs du gouvernement vénézuélien aux Etats-Unis.

“Nous dénonçons l’embargo économique des Américains, les attaques, l’appel à la conspiration et au coup d’Etat”, martelait ainsi mi-août 2019 le ministre des Affaires étrangères, Jorge Arreaza, auprès de la presse internationale. Pire, Juan Guaido sollicitait et soutenait ce blocus économique, fustigeait l’intéressé.

Situation nationale lunaire

Pour rappel, Caracas – qui dispose des plus grandes réserves d’or noir au monde – traverse malheureusement un marasme social particulièrement alarmant. Depuis 2015, plus de quatre millions de Vénézuéliens ont en effet quitté le pays en raison de la pénurie de denrées alimentaires, d’énergie et de soin frappant en plein coeur le territoire.

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