L’économie européenne très impactée en cas d’une invasion chinoise de Taïwan

L'économie européenne très impactée en cas d'une invasion chinoise de Taïwan

Alors que les tensions s’intensifient entre Taïwan et la Chine – et cela en raison du rapprochement entre Washington et Taipei via les gouvernements Trump, puis Biden – le risque d’une invasion de l’archipel par Pékin pourrait durement toucher l’économie de l’UE.

C’est un secret de polichinelle, le géant asiatique souhaite exercer définitivement sa souveraineté sur l’île, dont le statut international reste toujours très épineux. Dans les faits, Taïwan est en effet la 23e province chinoise, mais reste de facto indépendante de la Chine qui n’y a jamais exercé aucun pouvoir politique. Taïwan est ainsi régie par les lois chinoises depuis 1945.

Après 1949, Pékin a continué à gouverner Taïwan et à représenter la Chine à l’Organisation et au Conseil de sécurité des Nations unies. En décembre 2021, 14 États sur 192 conservaient encore des relations diplomatiques avec Taipei. Sachant que bien davantage le font plus officieusement (bureau de représentation, bureau de liaison, mission commerciale, etc.).

La Chine et Taïwan principaux producteurs mondiaux de semi-conducteurs

En cas de conflit, c’est donc tout l’échiquier diplomatique qui serait impacté, tout comme l’économie planétaire. Concrètement, Taïwan s’affirme comme le centre névralgique de la production des semi-conducteurs. Et au niveau européen, « aucun groupe ne peut rivaliser avec le fondeur taïwanais, TSMC, qui fournit 52% du marché mondial », relaie L’Echo.

Le média belge ajoute que « mis à part un plan lancé cette année par la Commission européenne, dont les effets ne se feront sentir qu’à long terme, aucune politique n’a été engagée pour rapatrier cette production sur (le vieux continent) ».

Pire, l’UE se borne à menacer la Chine de sanctions économiques en cas d’invasion de Taïwan. En toute logique, le précédent des sanctions contre la Russie fait réfléchir le président chinois, Xi Jinping. Malheureusement, Pékin est également l’un des leaders mondiaux des composants électroniques et des terres rares. L’enjeu est donc double pour Bruxelles dans ce dossier; Dossier dans lequel les Etats-Unis, très proches de l’UE, jouent parallèlement un rôle d’équilibriste…

Un conflit attisé sous Trump

Pour rappel, l’ex-secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, avait levé samedi 9 janvier 2020 toutes les restrictions qui encadraient les contacts entre l’Oncle Sam et Taïwan. Et cela, au grand dam de Pékin, à quelques jours du départ de Donald Trump de la Maison-Blanche.

Ainsi, « si Pékin n’avait pas immédiatement réagi à cette ultime provocation de Trump, la représentante de Taïwan aux États-Unis, Hsiao Bi-khim, qui fait office d’ambassadrice, avait salué sur Twitter la force des relations entre Taïwan et les États-Unis », soulignait alors Courrier International.

… Et par le gouvernement Biden

La situation s’est d’ailleurs encore dégradée cette semaine poursuit L’Echo. Et cela, en raison de l’annonce d’une visite potentielle de l’actuelle présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, à Taïwan le mois prochain… Une provocation qui a logiquement provoqué la colère de Xi Jinping. Le chef d’Etat a donc mis en garde la Maison Blanche en promettant « une réponse forte et ferme si ce voyage avait lieu ».

Une politique chinoise de hard power difficilement tenable pour Taipei

En froid avec la Chine depuis 1949, Taïwan tente contre vents et marées d’exister sur l’échiquier diplomatique. Mais l’ombre de Pékin, plus imposante année après année, réduit inexorablement les ambitions de Taipei.

L’archipel a par exemple perdu, depuis 5 ans, la reconnaissance du Burkina Faso, du Panama, de la République dominicaine, de Sao Tomé-et-Principe, ou encore celle du Salvador. « Tous ces Etats ont effet choisi de répondre aux appels sonnants et trébuchants de la Chine continentale », souligne Libération.

De ce fait, l’île, non reconnue pas l’ONU, ne comprend aujourd’hui qu’une poignée d’alliés diplomatiques dans le monde, essentiellement des nations de faible envergure. Problématique – alors que cette démocratie disposant d’un système électif viable, d’une presse libre de ses mouvements et de ses écrits, mais aussi d’une société civile en très bonne santé – ne demande qu’à s’émanciper en matière de politique internationale.

Malheureusement, le gouvernement chinois ne l’entend pas de cette oreille et se refuse à considérer toute velléité d’indépendance officielle de la part des autorités taïwanaises. D’autant plus que l’arrivée au pouvoir début 2016 de la présidente autonomiste, Tsai Ing-wen, n’a fait qu’empirer ce postulat.

Un processus destiné à isoler Taïwan

Résultat, Pékin multiplie les approches pécuniaires à l’encontre des derniers partenaires de Taipei…. Qui ne résistent pas à l’arrivée d’investissement bienvenus en temps de crise. Un chantage au porte-monnaie auquel se refuse la dirigeante qui déplore l’arsenal dissuasif de son imposant voisin :

« La rupture des relations diplomatiques n’est pas un incident isoléTout cela fait partie d’une série d’actes de coercition diplomatiques et militaires », confirme ainsi Tsai Ing-wen. “Cela comprend l’envoi d’avions militaires pour encercler Taïwan et à contraindre les compagnies aériennes internationales à changer de désignation pour TaiwanConcrètement, la Chine n’a jamais assoupli son emprise », fustige-t-elle.

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