Félix Tshisekedi s’érige en rempart contre le terrorisme en RDC

Le chef de l’Etat congolais le rappelait en septembre dernier, lors de la 76ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies : il n’y aura de lutte efficace contre le terrorisme que si elle est concertée, avec des moyens mutualisés.

Deux nouvelles attaques et un lourd bilan humain

A quelques jours d’intervalle, à la mi-novembre, la République démocratique du Congo (RDC) a essuyé deux attaques terroristes au lourd bilan humain. Vendredi 12, les rebelles des bien mal nommées Forces démocratiques alliées (ADF) se sont livrés à une prise d’otages de grande ampleur, dans un hôpital de Kisunga, dans la région du Nord-Kivu (Est), alors qu’ils étaient à la recherche de médicaments et de matériel médical. Résultat : près de 40 personnes tuées. Trois jours plus tard, les djihadistes ont de nouveau fait parler les armes, dans les provinces voisines de l’Ituri et du Sud-Kivu, faisant une vingtaine de morts.

Instable depuis plusieurs décennies, en proie à diverses insurrections, la région de l’Est de la RDC vit sur la corde raide, constamment soumise aux conflits sectaires qui émaillent la zone. Parmi les groupuscules qui tentent de déstabiliser le pouvoir congolais, les ADF (islamistes) font figure d’épouvantail numéro 1. Connus, auparavant, sous le nom de Forces démocratiques alliées-Armée nationale pour la libération de l’Ouganda (ADF-NALU), ces djihadistes ont commencé, au milieu des années 1990, par prendre les armes contre le dirigeant ougandais Yoweri Museveni. Avant d’essaimer dans le territoire de Beni, en RDC.

Il y a quelques années, leurs escapades meurtrières, dans ce pays voisin, leur ont même valu d’être (implicitement) acceptées, en 2019, sous la bannière de l’organisation Etat islamique (EI), dont ils représentent désormais la « Province d’Afrique centrale ». Selon l’agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), les ADF ont, depuis le mois de janvier dernier, tué environ 200 civils et provoqué le déplacement de près de 40 000 autres à Beni. Menaçant directement les efforts de l’armée congolaise pour stabiliser la région de l’Est et empêcher tout conflit sectaire d’éclater.

Mobilisation présidentielle et soutien international

Face à ce risque, le président congolais, Félix Tshisekedi, ne cesse de plaider depuis qu’il est au pouvoir pour un renforcement de la Mission des Nations unies qui intervient en RDC (MONUSCO). C’est d’ailleurs grâce à ce « forcing » que les Etats-Unis ont été amenés à reconnaître les rebelles ADF comme « groupe terroriste », en tant qu’affiliés de Daech (acronyme arabe de l’EI), en mars dernier. Le 15 août, le chef de l’Etat congolais a même autorisé l’ambassadeur américain en RDC, Mike Hammer, à conduire une délégation des forces spéciales américaines afin d’apporter un appui aux Forces armées de la RDC (FARDC) dans l’est du pays.

« La mission américaine s’inscrit dans le cadre du Partenariat privilégié pour la paix, la prospérité et la préservation de l’environnement conclu en 2019 entre la RDC et les USA », affirmait à l’époque le haut diplomate, rappelant que les djihadistes ougandais se retranchent dans les parcs nationaux de Virunga et Garamba, où ils peuvent aisément « disparaître ». Quelques jours avant cette sortie, Félix Tshisekedi avait initié un renforcement de la coopération bilatérale dans le domaine sécuritaire avec les Emirats arabes unis (EAU), qui ont qualifié le crime terroriste d’ « ennemi commun [à] combattre ensemble ».

Ce volontarisme, le président congolais a été le porter jusqu’à l’Assemblée générale des Nations unies, devant laquelle il s’est exprimé en septembre dernier, au cours de la 76ème session ordinaire. Son message, limpide : la communauté internationale doit adopter une stratégie globale pour lutter contre le terrorisme, y compris en RDC. « L’Afrique refuse de servir de base arrière au terrorisme international. Raison pour laquelle certains dirigeants africains comme ceux du G5 Sahel se sont organisés pour mutualiser leurs forces », avait-il également déclaré.

Pour l’heure, Félix Tshisekedi mise sur son rôle de président de l’Union africaine (UA) pour faire avancer ce dossier brûlant — la lutte contre le terrorisme fait partie des attributions de l’organisation depuis l’entrée en vigueur de la Convention de l’OUA sur la prévention et la lutte contre le terrorisme en 2002. Comme il le rappelait en septembre dernier à l’ONU, la stratégie efficace reste « l’adoption de politiques sécuritaires concertées, le renforcement des moyens des Etats, notamment par la mutualisation des ressources […], le respect des droits de l’Homme et la prévention. »

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