Eurocontrol optimiste sur la reprise du trafic aérien

L’offre aérienne est en progression constante en Europe. Déjà amorcée en Chine et aux Etats-Unis, la reprise du trafic mondial est en bonne voie selon Eurocontrol, l’Organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne.

Le trafic des aéroports parisiens a enregistré 4,7 millions de passagers en septembre 2021. Soit 49,9% de trafic en moins qu’en septembre 2019 mais 2,3 millions de passagers en plus qu’en septembre 2020.

Une reprise à la normale dès 2022 ?

Très fortement impacté par la crise sanitaire, le secteur aérien va-t-il sortir la tête de l’eau ? Pas avant 2025 estimait une étude d’Eurocontrol, publiée en mai 2021. Mais l’organisme européen du contrôle aérien vient de mettre à jour ses prévisions de trafic pour les 6 prochaines années. Il table dorénavant sur 2023 pour retrouver le niveau d’avant la pandémie, en 2019. Eurocontrol anticipe ainsi quelque 9,8 millions de vols en 2022 sur le Vieux Continent, soit tout juste 11% de moins qu’en 2019. Déjà largement amorcée en Chine et aux Etats-Unis, la reprise du trafic aérien est donc désormais un phénomène mondial.

Il s’agit pour autant des prévisions les plus optimistes. Pour anticiper un retour à la normale, l’organisation intergouvernementale européenne s’appuient en effet sur trois scénarios. Or, l’été 2021 a été très encourageant avec un trafic conforme aux attentes des compagnies aériennes et proche des estimations du scénario « élevé ». De quoi regarder l’avenir avec confiance même si, estime les experts européens, il existe d’importants risques baissiers qui pourraient affecter la reprise.

Les trois scénarios étudiés

Dans le scénario « haut », la campagne de vaccination se poursuit à la fois en Europe et dans le monde et les restrictions de voyage sont assouplies. Un contexte qui verrait la plupart des flux interrégionaux ainsi que les voyages d’affaires redémarrer d’ici le milieu d’année prochaine. Si le scénario se matérialise, le nombre de vols décollant et atterrissant dans les aéroports français en 2023 devrait même dépasser celui de 2019 (3 576 000 vols contre 3 372 000).

Le scénario « de base » ou « de référence » table sur le même contexte mais prévoit un rétablissement plus lent des flux hors Europe et un retour des voyages d’affaires à leur niveau d’avant la crise sanitaire qu’en 2023.

Une vaccination ralentie, l’apparition de nouveaux variants résistant aux vaccins, de nouvelles mesures gouvernementales restrictives, des tensions économiques (y compris une hausse des prix de l’énergie) sont les éléments retenus pour le scénario « bas ». Dans ce scénario, le retour au volume de vols de 2019 ne serait pas envisageable avant 2027 dans la quasi-totalité des pays de l’Union européenne.

Airbus va embaucher

Précision importante : ces prévisions concernent le nombre de vols et non pas le nombre de passagers qui met toujours plus de temps à se rattraper après une crise. Toujours est-il que les voyants semblent plutôt au vert. Après un et demi de gaves difficultés, Airbus vient ainsi d’annoncer qu’il allait reprendre les embauches à partir de 2022. Les livraisons de l’avionneur toulousain devraient dépasser la barre des 600 appareils cette année et les cadences mensuelles de production de l’A320 revenir au niveau d’avant crise en juin de l’année prochaine, soit 60 appareils. A cause de la crise sanitaire, le groupe aéronautique avait dû supprimer 10 000 postes en 2020.

 

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