Après le Koweït, le Liban ciblé par les ONG dans le dossier des travailleurs immigrés

Après le Koweït, le Liban ciblé par les ONG dans le dossier des travailleurs immigrés

Alors que le Koweït défraie toujours la chronique dans le traitement des ressortissants immigrés venus travailler dans le petit Etat pétrolier, le Liban suit lui aussi cette logique inhumaine en matière de conditions de travail.

Comme le relaie Slate “les travailleuses domestiques immigrées sont soumises à la kafala au Liban; Un système de parrainage souvent assimilé à un esclavage moderne qui les place dès leur arrivée dans le pays sous la tutelle de leur employeur, et les prive de tous les droits fondamentaux. Elles sont entre 250 000 et 300 000 dans cette situation – sur une population totale d’environ 6,6 millions de personnes, dont 1,9 million (y ont trouvé refuge).

Le site précise “qu’une partie d’entre elles travaillent sous contrat permanent avec un employeur, chez lequel elles habitent, et qui retient généralement leur passeport; une autre vit de différents emplois maigrement rémunérés, souvent dans une situation irrégulière qui les expose à la précarité, la violence et la déportation. La plupart viennent d’Afrique (Éthiopie, Kenya, Mali, Ghana, Nigeria, Madagascar…) et d’Asie du Sud et du Sud-Est (Sri Lanka, Philippines, Indonésie, Bangladesh, Népal, Vietnam…). (Ces dernières) se regroupent par communautés, quand elles en ont les moyens”.

Une avancée au Koweït

De son côté la justice koweïtienne avait fait un léger pas en avant en septembre 2020 dans ce dossier explosif… Puisque une médecin koweïtienne avait écopé de quatre ans d’emprisonnement, 2500 dollars d’amende, et 16 500 dollars de dommages et intérêts pour avoir maltraité une employée malgache depuis 2013.

Selon France TV Info, la victime avait subi durant ce laps de temps des sévices aussi terribles que réguliers de la part de son bourreau jusqu’à en perdre l’usage de l’œil gauche. Le moment pour la malheureuse de franchir le pas et de déposer une première plainte auprès des autorités locales.

Pour autant, si l’enquête de police avait confirmé les faits, la juridiction de première instance choisit de relaxer cette médecin “pas comme les autres”. Néanmoins, l’employée ne s’était pas avouée vaincue et avait finalement obtenu gain de cause auprès de la cour d’appel.

Cette décision pose toutefois question. Le Koweït a-t-il cherché à redorer son blason à l’échelle internationale ? Lui qui est connu, comme d’autres Etats du golfe Persique, pour tolérer les violences faîtes par ses citoyens envers les domestiques étrangers. Les frictions rencontrées par le gouvernement avec Manille dans un passé récent peuvent en tout cas corroborer cette hypothèse.

La jurisprudence philippine 

Et pour cause, alors que les autorités philippines avaient interdit temporairement à ses ressortissants de travailler au Koweït au mois de mai 2018. Et cela, en raison des multiples cas de mauvais traitements subis par les migrants philippins venus tenter leur chance sur le territoire, les deux Etats avaient finalement trouvé “une porte de sortie” acceptable.

Concrètement, le Koweït leur avaient octroyé de nouveaux droits sociaux afin de clore le blocus. Ainsi, les principaux intéressés peuvent désormais garder leur téléphone portable, bénéficier d’un jour de repos supplémentaire et faire appel si besoin à l’aide de Manille.

Toutefois, il est important de noter que ce geste ne permet toujours pas aux malheureux de conserver leur passeport à leur arrivée sur le tarmac. Une subtilité qui pèse malgré tout très lourdement dans la balance.

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