Échanges militaires franco-égyptiens : l’Égypte en rempart contre le chaos

Publication: 29/01/2019

Emmanuel Macron ne profitera pas de sa présence au Caire pour officialiser la vente de 12 Rafale supplémentaires à l’Égypte. En visite auprès de son homologue Abdel Fattah al-Sissi du 27 au 29 janvier, le président français a toutefois parlé Défense et lutte anti-terrorisme avec le raïs égyptien. Pôle de stabilité dans une région sensible, l’Égypte mène une guerre sans relâche contre les factions terroristes qui ciblent son territoire, voisin d’une Libye en lambeaux.

Partenariat fructueux 

La vente de 12 nouveaux Rafale à l’Égypte attendra. Annoncée le 23 janvier par La Tribune, ce nouvel achat ne ferait, selon des informations obtenues par Reuters, pas encore l’objet d’un contrat. Une simple affaire de temps ? Emmanuel Macron, lors de son déplacement, n’a pas écarté cette hypothèse : « Il y a 24 Rafale qui ont été signés dans le cadre d’une commande, 23 ont d’ores et déjà été livrés et nous poursuivrons le travail, il se poursuivra dans les prochains mois ». Une nouvelle commande viendrait consolider un partenariat déjà fructueux en matière de Défense entre les deux pays, né au milieu des années 70.

Avions Mirage et Alphajet, hélicoptères Gazelle, matériel de transmission ou, plus récemment, 24 Rafale Dassault Aviation, quatre corvettes Gowind DCNS, une frégate multi-missions DCNS et ses missiles, deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) de type Mistral signés, eux-aussi, DCNS : l’Égypte est le meilleur client de la France au Proche-Orient, et cela se remarque notamment sur le plan militaire. Pourtant, en la matière, les échanges entre les deux pays ne se limitent pas à la fourniture d’équipement, loin s’en faut.

Interopérabilité des armées

Chaque année, une centaine d’actions conjointes sont entreprises par la France et l’Égypte, qu’il s’agisse de formation, d’échanges, d’exercices ou de dialogue stratégique. Ces actions s’effectuent dans le cadre d’un plan annuel de coopération de défense, convenu lors d’une réunion annuelle. Signe fort de la vitalité de cette coopération stratégique bilatérale, un Haut Comité Militaire a été créé en 2017, à la présidence duquel siègent les chefs d’État-major des armées.

Des actions qui visent notamment à assurer l’interopérabilité des armées de Paris et du Caire, pour apporter une réponse plus efficace à la menace terroriste présente dans la région. Comme il y a peu, en novembre 2018, lorsque les forces maritimes égyptiennes et françaises ont conduit un exercice militaire conjoint dans les eaux territoriales de l’Égypte en Méditerranée. Au programme : simulation d’opérations de maintien de la sécurité́ maritime, d’intervention contre les terroristes par voie maritime, de protection des zones stratégiques et de réaction rapide en cas d’attaques aériennes.

Les Rafale pour sécuriser la frontière libyenne

Le partage d’expériences opérationnelles franco-égyptien trouve des applications très concrètes. Il permet par exemple à l’Égypte d’assurer la sécurité de sa frontière commune avec la Libye, longue de 1 115 kilomètres et traversant essentiellement des zones désertiques. L’Ambassadeur d’Égypte en France, Ehab Badawy, confie ainsi au JDD, à propos des Rafale dont dispose déjà le pays : « Quant à nos Rafale, ils sont opérationnels, notamment en Libye, et nous les apprécions beaucoup. » Cette surveillance accrue et ces interventions régulières à la frontière libyenne érigent l’Égypte en rempart contre l’islamisme et le chaos. La France semble l’avoir bien compris.

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