Libye : l’instauration d’un gouvernement unifié tempère les velléités turques

La récente mise en place d’un gouvernement libyen unifié a quelque peu apaisé la politique expansionniste de Recep Erdogan sur le territoire dévasté.

Comme le souligne La Croix, “moins de trois jours ont suffi au parlement libyen pour accorder sa confiance au premier gouvernement unifié depuis août 2014. 121 des 132 députés réunis à Syrte ont approuvé, mercredi 10 mars, le gouvernement d’Abdel Hamid Dbeibah. L’équipe gouvernementale de l’ex-homme d’affaires de Misrata comprend deux vice-premiers ministres, 26 ministres et six ministres d’État. Deux ministères régaliens, affaires étrangères et justice, ont été attribués à des femmes, une première. Le poste stratégique de la défense est, en revanche, resté vacant, reflet de la fracture sécuritaire entre les deux camps traversés par de nombreuses rivalités.

Le Premier ministre devra maintenant s’efforcer d’unifier les institutions et mener la transition, jusqu’aux élections présidentielle et législatives du 24 décembre, objectif fixé par la feuille de route parrainée par les Nations Unies. Désigné le 5 février par 75 délégués libyens, réunis à Genève sous l’égide de l’ONU, Abdel Hamid Dbeibah bénéficie (également) du soutien conjugué du maréchal Khalifa Haftar, « l’homme fort » de la Cyrénaïque, et des milices de Tripoli. Il entretient aussi de bonnes relations avec la Turquie et la Russie, les deux puissances étrangères qui, avec les Émirats-Arabes-Unis, ont inondé le pays d’armes, de drones et de mercenaires”.

Un accord militaire redessiné ?

De son côté, RFI rappelle que “la Libye est liée à Ankara par deux accords : militaire et économique. (En ce sens), la Turquie semble prête à rediscuter l’accord militaire si ses intérêts économiques sont préservés. Le nouvel exécutif libyen souhaite (en effet) maintenir l’accord économique pour bénéficier d’un quota important de gaz. Cet accord donne à la Turquie le droit d’extraire ce gaz de l’est méditerranéen”.

Le média ajoute que “les deux pays se sont également mis d’accord sur la nécessité d’accroître les échanges commerciaux. Ankara cherche à multiplier ses investissements en Libye et compte participer activement à la reconstruction. Sous pression internationale, la Turquie a commencé à retirer un nombre très limité de ces mercenaires syriens de Tripoli. Leur nombre est aujourd’hui estimé à 8000”.

A suivre donc…

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