La reconnaissance faciale en temps réel déjà testée en France au mépris des droits des citoyens

La reconnaissance faciale en temps réel des citoyens n’est plus un fantasme sur le sol hexagonal. France Inter révèle que plusieurs municipalités testent déjà ce dispositif en vue des JO 2024 de Paris, à l’image de Nice, Cannes ou encore Marseille. Le tout, au mépris le plus total des droits à l’information, mais aussi d’acceptation des citoyens.

Dans les faits, ce juteux marché représente la bagatelle de 7 milliards d’euros et s’inscrit comme la pierre angulaire sécuritaire des Jeux, mais aussi de la Coupe du monde masculine de rugby qui se déroulera en 2023 en France. En ce sens, des société telles que Atos, Dassault Systèmes et Capgemini, seraient déjà pressentis pour obtenir les faveurs du ministère de l’Intérieur.

Si des villes incontournables du sud du pays sont déjà à l’œuvre en matière de reconnaissance faciale, leurs habitants, eux, ne semblent pas bénéficier d’un processus d’information digne de ce nom. Un état de fait que dénonce auprès du média le journaliste Olivier Tesquet :

Ces municipalités se sont transformées en showrooms sécuritaires. À Valenciennes, (par exemple), Huawei offre des caméras de vidéosurveillance à la commune. À Nice et à Marseille, c’est l’américain Cisco qui a approché la région Provence-Alpes-Côte d’Azur pour l’installation de portiques de reconnaissance faciale à l’entrée des lycées. Le problème, c’est qu’il n’y’a pas d’appels d’offres, et les habitants sont assez cruellement sous-informés sur ces questions-là.”

Pour information, la reconnaissance faciale est une technique qui permet à partir des traits de visage :

  • D’authentifier une personne : c’est-à-dire,  vérifier qu’une personne est bien celle qu’elle prétend être (dans le cadre d’un contrôle d’accès)
  • ou
  • D’identifier une personne : c’est-à-dire, de retrouver une personne au sein d’un groupe d’individus, dans un lieu, une image ou une base de données.

En pratique, la reconnaissance prend vie à partir d’images fixes (photos) ou animées (enregistrements vidéo) et se déroule en deux phases :

  • A partir de l’image, un modèle ou « gabarit » qui représente, d’un point de vue informatique, les caractéristiques de ce visage (apparaissent). Les données extraites pour constituer ce gabarit sont des données biométriques au sens du RGPD (article 4-14)
  • La phase de reconnaissance intervient ensuite par la comparaison de ces modèles préalablement réalisés avec les modèles calculés en direct sur des visages présents sur l’image candidate.
  • Dans le cas de l’authentification, le système vérifie si l’identité prétendue est bien la bonne en comparant le modèle du visage présenté au modèle préalablement enregistré correspondant à l’identité prétendue.
  • Dans le cas de l’identification, le système vérifie si le modèle du visage présenté correspond à l’un des modèles contenus dans la base de données. Les résultats de la comparaison correspondent à celui ou ceux présentant le score de similarité le plus élevé parmi ceux dépassant un certain seuil prédéterminé.

Comme le souligne le site de la CNIL, cette technologie n’en est plus à ses balbutiements. Et pour cause, les enjeux de protection des données et les risques d’atteintes aux libertés individuelles que de tels dispositifs sont susceptibles d’induire sont considérables… Notamment la liberté d’aller et venir anonymement. Tout projet d’y recourir devra donc faire l’objet d’une analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD).

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