Iran : le duo russe et européen ne veut pas d’un nouvel accord sur le nucléaire

Publication: 26/04/2018

L’accord sur le nucléaire iranien signé le 14 juillet 2015 à Vienne entre Téhéran et les pays du G5 + 1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) suscite toujours autant de frictions à l’international. Notamment en ce qui concerne l’axe Moscou-Washington. Ainsi, si les Etats-Unis et la France militent pour renégocier les termes du texte, le son de cloche demeure bien différent du côté de la Russie, de l’Iran bien sûr, mais aussi de la part de Bruxelles qui défend les intérêts européens. 

Dans ses termes actuels, l’accord fait état de lourdes restrictions envers Téhéran. La production d’uranium et de plutonium est en conséquence sévèrement encadrée (l’Iran ne peut pas produire de plutonium à vocation militaire). Les inspections sur place sont quant à elles considérablement renforcées. Mais ce n’est pas tout, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) peut également scruter pendant vingt ans le parc de centrifugeuses et pendant vingt-cinq ans la production de concentré d’uranium.

Parallèlement, l’embargo sur les armes est aussi reconduit tout comme les sanctions relatives aux missiles balistiques et aux importations d’armes offensives. A cela, s’ajoute le transfert de matériel sensible susceptible de contribuer au programme balistique local interdit jusqu’en 2023 ; un encadrement destiné à faciliter grandement le travail des inspecteurs. L’Iran n’est pas en reste puisqu’elle a obtenu la levée de plusieurs sanctions (ONU, USA, Europe) qui handicapaient le pays dans son développement.

Un point noir subsiste néanmoins car le programme n’ordonne pas le démantèlement complet du nucléaire iranien prévu dans les négociations initiales. Ce qui agace fortement Washington et Paris qui évoquent désormais un nouvel accord renforçant les contrôles sur  les missile balistiques, et incluant la durée du traité au delà de 2025 et le rétablissement d’un lourd embargo économique.

Trump et Macron isolés dans ce dossier

Pour autant, cette perspective a peu de chance de trouver écho sur l’échiquier mondial puisque Bruxelles et la Russie ont confirmé de concert qu’il était utopique de revenir sur la décision de Vienne. “L’accord actuel sur le nucléaire iranien fonctionne”, a ainsi martelé hier la cheffe de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, quant la position de Moscou reste la même depuis le début.

Au final, la véritable contre-attaque est venue le même jour du chef d’Etat iranien, Hassan Rohani : “Vous voulez décider de l’avenir de ce texte, mais qu’avez-vous fait jusqu’ici pour l’appliquer ?”, a-t-il répliqué aux Occidentaux.

Difficile en effet de lui donner tort sur ce point, note France Inter, puisque à ce jour “les sanctions demeurent et les fruits économiques de l’accord se font toujours attendre (…) Et avec Donald Trump à la Maison Blanche, la récolte n’est pas pour demain…

Publié par

réagir à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.



Dans la même catégorie

Au Tigré, des milliers de réfugiés et des massacres

Mékélé, la capitale de la province du Tigré qui a fait sécession avec le pouvoir central d’Addis-Abeba, serait désertée par... Voir l'article

Covid 19 : Gazprom annonce des pertes record au 3ème trimestre

Le géant russe, Gazprom, fait logiquement les frais de la pandémie et annonce des pertes nettes de 2,7 milliards d’euros... Voir l'article

La reconnaissance faciale en temps réel déjà testée en France au mépris des droits des citoyens

La reconnaissance faciale en temps réel des citoyens n’est plus un fantasme sur le sol hexagonal. France Inter révèle que... Voir l'article

La Direction générale de l’aviation civile met un stop à la 5G

Le ton monte entre les opérateurs 5G et la Direction générale française de l’aviation civile, confirme le site Kulture Geek.... Voir l'article

  • Urgent

    Au Tigré, des milliers de réfugiés et des massacres

    Mékélé, la capitale de la province du Tigré qui a fait sécession avec le pouvoir central d’Addis-Abeba, serait désertée par le FLPT. Mais rien n’indique... Voir l'article

    Covid 19 : Gazprom annonce des pertes record au 3ème trimestre

    Le géant russe, Gazprom, fait logiquement les frais de la pandémie et annonce des pertes nettes de 2,7 milliards d’euros entre les mois de juillet... Voir l'article

  • Newsletter

  • personnalites

    Au Tigré, des milliers de réfugiés et des massacres

    Mékélé, la capitale de la province du Tigré qui a fait sécession avec le pouvoir central d’Addis-Abeba, serait désertée par le FLPT. Mais rien n’indique... Voir l'article

    L’annonce de l’efficacité à 90% du vaccin Pfizer fait le bonheur de ses dirigeants

    L’officialisation en grandes pompes de l’efficacité à 90% du vaccin anti-Covid du laboratoire Pfizer a permis au président du géant américain, Albert Bourla, et sa... Voir l'article

    Hausse de l’indemnité logement des députés : A quoi joue le gouvernement ?

    Alors que la pandémie Covid-19 pulvérise peu à peu l’économie hexagonale, la hausse de l’indemnité logement des députés de 900 à 1200 euros, décidée par... Voir l'article