Colombie : accord historique entre l’Etat et les Farc

Publication: 25/08/2016

Le gouvernement de Juan Manuel Santos et la guérilla marxiste dirigée par Timoleon Jimenez ont mis fin, mercredi 24 août, à plus de 50 ans de conflits incessants en annonçant la signature d’un accord de paix historique dont les termes devront être validés par référendum, le 2 octobre prochain.

Les deux parties, qui négocient les conditions d’une sortie de crise depuis 2012 à La Havane, ont indiqué “être parvenues à un accord final, intégral et définitif sur la totalité des points de l’agenda”, saluant par la même occasion “la fin de la tragédie guerrière”.

Dès lors, le cessez-le-feu acté le 23 juin dernier et placé sous l’égide de l’ONU établit que les Farc (7000 hommes) devront rejoindre 23 zones de démobilisation où leur sécurité sera assurée. Ces derniers disposeront alors de six mois pour déposer leurs armes auprès de la mission des Nations Unies.

Une fois cette obligation remplie, le groupe rebelle sera en mesure de fonder sa propre formation politique reconnue aussi bien par l’Etat qu’à l’international. Le groupe jouira en outre de 5 sièges de députés et 5 de sénateurs lors des deux législatures à venir.

Si le texte met un point final au désaccord originel portant sur la répartition des terres que les Farc ont toujours jugé inégale, la réforme agraire négociée en 2013 va également permettre aux autorités locales d’accroître sa lutte contre le narcotrafic. Toutefois, les paysans percevront en contrepartie des sources de revenus alternatives afin de tirer un trait définitif sur la culture de la feuille de coca.

Malgré tout, le volet lié à la réparation des victimes appelle à débat puisque la justice colombienne a accepté de se montrer particulièrement clémente pour “les membres de la guérilla et les agents de l’État responsables des crimes les plus graves, comme les meurtres, les enlèvements, les viols, les déplacements forcés ou le recrutement de mineurs”, souligne La Croix.

En effet, des peines aménagées sont prévues pour les criminels qui plaideront coupables, à contrario, ceux qui refuseront “cette main tendue” pourraient être condamnés à des peines allant de 8 à 20 d’emprisonnement. Parallèlement, les auteurs d’actes “moins répréhensibles” bénéficieront d’une amnistie.

Pour rappel, le conflit, débuté en 1964,  a engendré 260 000 morts, 45 000 disparus et 7 millions de déplacés.

Source : La Croix

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