Syrie, Ukraine, Iran… : Emmanuel Macron prêt à travailler de concert avec Vladimir Poutine

Publication: 25/05/2018

En visite jeudi à Saint-Pétersbourg, le président français a pu s’entretenir durant trois heures avec son homologue russe sur quatre dossiers extrêmement sensibles : le nucléaire iranien, la Syrie, la Corée du Nord, ainsi que l’Ukraine. Les deux hommes n’ont pas manqué de souligner leur ambition de travailler de concert dans le futur.

Cette première visite en Russie du locataire de l’Elysée revêt des intérêts aussi bien économiques que diplomatiques. Emmanuel Macron participe en effet au Forum économique de Saint-Pétersbourg, événement majeur dans le milieu des affaires russes, sur lequel l’importante délégation hexagonale compte surfer pour signer de juteux contrats. Et cela, dans un contexte politique particulièrement difficile entre les deux pays. A titre d’exemple, le géant des hydrocarbures, Total, pourrait en profiter pour finaliser un nouveau projet gazier dans l’Arctique estimé à 2,5 milliards de dollars.

Pour autant, les sujets les plus brûlants concernent malgré tout la rubrique diplomatique. A commencer par la problématique de l’Accord sur le nucléaire iranien qui a vu Washington quitter le bateau perse début mai. Les deux chefs d’Etat ont donc insisté sur les points qui les rapprochent face aux États-Unis afin de préserver un texte signé il y a seulement trois ans, et qui a permis à Téhéran de sortir progressivement la tête de l’eau avec la levée de l’embargo économique international.

Ainsi, si dans un premier temps, E. Macron avait envisagé une renégociation de l’Accord de Vienne pour trouver un consensus avec la Maison Blanche, le retrait américain a redistribué les cartes et poussé le dirigeant à se rapprocher du Kremlin. Mais néanmoins avec toujours l’idée d’obtenir quelques ajustements, à l’image de la force de frappe balistique iranienne qui pose toujours problème du côté du Vieux Continent.

Des positions schizophréniques 

En ce qui concerne la situation syrienne, V. Poutine espère toujours un rapprochement entre la communauté internationale et le régime de Bachar el-Assad – dont il loue les nombreux succès militaires – pour mener à bien le rétablissement d’un Etat unifié et indivisible. Toutefois, les négociations risquent encore d’être longues et fastidieuses sur ce point. Car « le groupe d’Astana », mené par la Russie, l’Iran et la Turquie, s’oppose radicalement au « small group » qui comprend des pays occidentaux comme les États-Unis, la France ou le Royaume-Uni, et l’Arabie saoudite.

Sur le volet nord-coréen, les positions étaient cette fois plus concordantes entre les deux hommes puisque ces derniers ont milité de concert pour une dénucléarisation progressive de la péninsule coréenne. Hasard ou non du calendrier, Washington a annulé le même jour une rencontre préparée depuis des mois entre Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Enfin, les négociations se sont concentrées sur le dossier ukrainien et un règlement pacifique du conflit qui oppose depuis 2014 en Crimée le gouvernement local pro-occidental et les rebelles pro-russes ; un conflit qui rappelons-le a déjà engendré 10 000 morts.

Source : Le Point 

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