Venezuela : l’inflation décroît mais stagne à un niveau critique

Venezuela : L'inflation décroît mais stagne à un niveau critique

Le Venezuela a connu a un ralentissement inflationniste en 2022 pour atteindre 234%, soit 452% de moins que lors du cru précèdent. Si ces chiffres donnent le tournis, Caracas préfère positiver et attribue ce ralentissement aux politiques d’assouplissement du contrôle des taux de change et du système de prix, menées par le président Nicolas Maduro à partir de 2018, relaie Capital.

Sollicité, Leonardo Vera, professeur à l’Université centrale du Venezuela, a toutefois tempéré les joies étatiques en précisant que « durant les deux derniers mois de l’année, un bond assez important du taux d’inflation mensuel (…) s’est fait ressentir ». Un malheureux sursaut découlant « de la dépréciation de la monnaie locale, le bolivar ».

Toujours selon le média, « les économistes estiment que l’inflation pourrait avoir atteint des taux à deux chiffres en novembre et décembre, faisant poindre le risque d’un retour dans un cycle d’hyperinflation, dont le pays était sorti en 2021 ».

Reprise de l’importation du pétrole par les USA

A contrario, le géant sud-américain pourrait voir son horizon s’éclaircir puisque Washington a besoin de davantage de pétrole en raison du conflit ukrainien et de la crise énergétique planétaire. En ce sens, les Etats-Unis ont décidé début janvier de lever l’embargo pétrolier frappant de plein fouet le Venezuela. Cette sanction sévissait depuis 2019. Ce cas d’école met ainsi en évidence une des facettes classiques de la géopolitique mondiale, à savoir l’opportunisme.

Maduro fustige l’ingérence américaine

De son côté, le clan Maduro – soutenu par la Russie, la Chine, l’Iran, la Turquie et Cuba – reproche toujours à l’Oncle Sam de vouloir placer « son poulain », Juan Guaido, à la tête de l’Etat. Une « machination » qui s’apparente à une stratégie de hard power en bonne et due forme en provenance de la Maison Blanche. En atteste, la décision américaine de geler l’ensemble des avoirs du gouvernement vénézuélien aux USA.

« Nous dénonçons l’embargo économique des Américains, les attaques, l’appel à la conspiration et au coup d’Etat”, martelait ainsi en août 2019 l’ex-ministre des Affaires étrangères, Jorge Arreaza, auprès de la presse internationale. Pire, Juan Guaido sollicitait et soutenait ce blocus économique, fustigeait l’intéressé.

Une situation nationale plus que précaire

Pour rappel, Caracas – qui dispose des plus grandes réserves d’or noir au monde – traverse un marasme social particulièrement alarmant. Depuis 2015, plus de quatre millions de Vénézuéliens ont en effet quitté le pays en raison de l’inflation galopante, mais aussi de la pénurie de denrées alimentaires, d’énergie et de soin touchant le territoire.

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