Total peaufine son portefeuille gazier sur le sol irakien

Selon La Tribune, Bagdad et le groupe pétrolier français, Total, s’associent sur quatre projets dans le domaine du gaz naturel, de l’énergie solaire et du retraitement de l’eau de mer.

“Les investissements de groupe Total s’élèveront à plusieurs milliards de dollars en Irak. Ce protocole d’accord, au sujet duquel aucun calendrier (n’est encore officiel), a été signé fin mars lors d’une visite (en Perse) du PDG de Total, Patrick Pouyanné. (En ce sens), le géant hexagonal construira une station de production de gaz naturel dans les cinq gisements méridionaux de West Qurna 2, Majnoun, Artaoui, Tuba and Luhais, dont la production devrait s’établir à 8,5 millions de mètres cubes de gaz par jour; Avant de doubler à l’issue d’une deuxième phase de développement.”

Une arrivée en fanfare sur le marché indien

Pour rappel, Total a annoncé en octobre 2019  le rachat de 37,4% du distributeur de gaz indien, Adani Gas, pour un montant de 600 millions de dollars. Ce dernier dispose de 38 concessions qui couvrent 7,5% de la population indienne.

“Le partenariat avec le groupe indien, Adani Gas, qui nous apporte sa connaissance du tissu local et son expertise dans les domaines des infrastructures et de l’énergie constitue la pierre angulaire de notre stratégie de développement dans ce pays”, confirmait ainsi le communiqué du groupe.

Bien que le marché gazier soit encore assez modeste sur un aussi grand territoire tel que l’Inde (seulement 7% de la consommation énergétique domestique), celui-ci atteste tout de même d’une croissance de 5% par an depuis 3 ans, signe de son potentiel non négligeable.

Le géant asiatique, comme bon nombre d’Etats, souhaite en effet réduire sa dépendance au charbon et vise à ce que le gaz naturel fournisse 15% de son mix énergétique d’ici 2030.

L’Angola, un nouvel eldorado off shore

Par ailleurs, Total a inauguré début 2019 une gigantesque plateforme pétrolière à 260 kilomètres des côtes angolaises. Ce dispositif, capable de récupérer l’or noir à près de 3500 mètres de profondeur, est en mesure de stocker 1 million de barils de brut. De quoi donner le sourire aux actionnaires de Total puisque l’exploitation devrait durer 20 ans.

Dans les faits, le “Kaombo Norte” est susceptible de charger tous les 10 jours un pétrolier destiné à alimenter le marché international. Mais ce n’est pas tout, car ce dernier est aujourd’hui accompagné par le “Kaombo Sul”, conçu à Singapour. Les deux bateaux peuvent ainsi extraire à terme 230 000 barils par jour. Soit l’équivalent de 13,5% de la demande française.

Pour autant, si la localisation de la plateforme peut surprendre, étant donné la distance qui la sépare de toute civilisation, elle n’en reste pas moins classique à l’heure actuelle. Et pour cause, 75% des découvertes d’or noir se font désormais au large depuis 2010. Et dans plus de la moitié des cas, dans des champs dits ultra-profonds à plus de 1500 mètres sous le niveau de la mer, situés pour la plupart au Brésil, dans le golfe du Mexique ou sur les côtes ouest de l’Afrique.

Quant au coût de l’opération, celle-ci s’élève à 16 milliard de dollars et entre avec fracas dans les 10 chantiers les plus onéreux de l’histoire de la firme française. Concrètement, le site comprend 59 puits répartis sur 800 kilomètres carrés, soit huit fois la surface de Paris (plus de 300 kilomètres d’oléoducs sous-marins).

A lire aussi : Face au lobbying d’Anne Hidalgo, Total ne verra pas les JO 2024

Articles en relation