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Sûreté nucléaire : les performances du parc français jugées encourageantes

Publication: 23/03/2017

Le 20 mars 2017, la centrale nucléaire de Flamanville a été totalement mise à l’arrêt à la suite d’une fuite d’eau sur un circuit situé dans la partie non nucléaire du réacteur n°2. Une décision sans appel pour un incident mineur. De fait, le nucléaire français est soumis à des procédures de plus en plus sécurisées. Une vigilance accrue qui n’a pas échappé à l’IGSNR.

Dans son rapport annuel, l’Inspecteur Général pour la Sûreté Nucléaire et la Radioprotection (IGSNR), François de Lastic, relève des résultats « encourageants » de la part d’EDF. Ce document, publié le 3 mars dernier, correspond à un véritable audit de la sûreté des centrales nucléaires, réalisé par un observateur extérieur. Le rapport fait état d’une baisse du nombre d’incidents automatisés (ayant entraîné l’application automatique d’un système de protection), baisse également du taux d’arrêts fortuits des réacteurs et enfin recul du nombre d’incendies grâce notamment à un “pilotage rigoureux”. Une nouvelle rassurante alors que le nucléaire présente un “défi sans précédent” en termes de sûreté, selon Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de la sûreté nucléaire (ASN).

Et pour cause : l’essentiel des installations nucléaires françaises ont presque une quarantaine d’années. On compte les 58 réacteurs dans 19 centrales, l’usine de retraitement de La Hague, les réacteurs de recherche les plus anciens à Cadarache, Saclay, Marcoule, soit près de 150 grosses installations nucléaires. Ces installations doivent être régulièrement mises à jour pour être à la pointe de l’innovation en matière de sécurité. A cela il faut ajouter la future entrée en service des équipements neufs tels que l’ITER (machine qui doit démontrer que la fusion – l’énergie du Soleil et des étoiles – peut être utilisée comme source d’énergie à grande échelle, non émettrice de CO2, pour produire de l’électricité) et le réacteur Jules-Horowitz de Cadarache, ainsi, bien sûr, que l’EPR de Flamanville. C’est l’ASN qui est chargée en tant qu’autorité administrative indépendante, de s’assurer que l’exploitant respecte les exigences de la réglementation en matière de sûreté nucléaire, et de contrôler les installations de manière régulière.

Des simulations grandeur nature

Afin d’être prêt à tout éventualité, EDF a mené plusieurs simulations de crises dans des zones sensibles. Un de ces exercices grandeur nature a eu lieu mardi 14 mars 2017 dans la zone entourant la centrale de Flamanville. 300 agents EDF ont été mobilisés, mais également les services de l’Etat, pompiers, gendarmes et l’ASN. La simulation se basait sur l’hypothèse d’une rupture d’un tube et la défaillance d’une vanne, provoquant le rejet d’une eau radioactive. Les 2300 écoliers et collégiens ont été confinés dans leurs classes dans le cadre des Plans Particuliers de Mise en Sûreté des établissements scolaires de la zone. Des véhicules d’EDF ont quadrillé le périmètre pour faire des relevés sur l’environnement, alors que des gendarmes, vêtus d’une combinaison intégrale, ont déployé des barrages routiers dans un rayon de 10 kilomètres autour de la centrale. L’exercice doit être analysé. EDF et la préfecture rendront leurs conclusions au mois de mai.

Un protocole de crise renforcé

Pour rappel, depuis la crise de Fukushima, les procédures de sécurité des centrales françaises ont été sensiblement renforcées. En cas d’incident, il existe aujourd’hui deux mécanismes parallèles qui visent à optimiser la sécurisation du site et de la population voisine – et concernent aussi bien les centrales nucléaires que les transports de matières dangereuses. Une division offrant une meilleure visibilité dans les tâches à accomplir.

D’une part, le Plan d’Urgence Interne (PUI) englobe les actions menées directement sur le site, sous le contrôle du directeur de la centrale, répondant lui-même à terme à l’ASN. Il prévoit la mobilisation du personnel d’astreinte afin de restaurer la sûreté de l’installation et de limiter les conséquences sur les personnes et les biens. Ce protocole comprend aussi les dispositions permettant d’informer rapidement les pouvoirs publics.

D’autre part, le Plan Particulier d’Intervention (PPI) est piloté par le préfet du département. Il concerne l’ensemble des mesures déployées à l’extérieur du site pour la protection des populations et de l’environnement. Sur conseil de l’ASN, le préfet peut, dans un périmètre dépendent de la gravité de l’incident, demander la mise à l’abri des populations, la prise de comprimés d’iode ou l’évacuation. La gravité est évaluée grâce à l’échelle Ines, qui classe les incidents de 0 à 7, selon les conséquences à l’extérieur du site, à l’intérieur du site et la dégradation des lignes de défense de l’installation. A noter que la prise de capsules iodées permet de protéger la thyroïde en la saturant d’iode stable, empêchant l’iode radioactif de s’y fixer. Elles sont distribuées aux populations vivant dans un rayon de 10 km autour des centrales nucléaires.

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