Jordanie : l’accord gazier signé avec Israël fait toujours débat

Le méga-projet de gazoduc conclu entre Amman et Tel-Aviv irrite fortement la population locale.

Le royaume hachémite s’est-il tiré une balle dans le pied en septembre 2016, “lorsque la société d’électricité publique de Jordanie a signé un contrat avec l’entreprise américaine, Noble Energy, pour la livraison de 45 milliards de mètres cubes de gaz naturel exploité au large des côtes israéliennes sur une période de quinze ans ?”

C’est ce que sous-entend le quotidien français La Croix, qui se fait l’écho d’une fronde gagnant inéluctablement la société civile, particulièrement hostile envers l’Etat hébreu et son allié américain. Pire, nombreux sont ceux qui évoquent une véritable provocation de la part de Tel-Aviv, accusée une nouvelle fois de voler les terres arabes, qui plus est avec la complicité de leur propre gouvernement.

En atteste les centaines d’individus qui ont manifesté mi-janvier dans le centre de la capitale, appelant les autorités à annuler un accord permettant à Israël de commencer à pomper du gaz naturel vers la Jordanie dès cette année, relaie I24 News. Et cela, alors alors qu’une phase d’essai était déjà en cours depuis un mois.

Un gouvernement dépassé

Dans les faits, la National Electric Power Co. (NEPCO) de Jordanie a déclaré que le pompage de gaz avait commencé dans le cadre d’un accord de plusieurs milliards de dollars avec la société Noble Energy, basée au Texas, visant à réduire le coût de l’énergie dans le royaume. De quoi s’attirer les foudres de la population – dont une bonne partie est d’origine palestinienne -, peu encline à discuter lorsque le voisin honni est de la partie.

Mohammed Salim Al Quraan est l’un d’eux, ajoute La Croix. Cet homme de 67 ans faisait en effet partie des malheureux expropriés par Amman, puisque 20 % de son domaine familial, situé au Nord, se trouvait sur le tracé du pipeline. Le gazoduc va passer là. Malheureusement, nous ne pouvons pas refuser ce projet ni l’empêcher. Vraiment, je me sens triste”, soupirait-t-il alors impuissant face à la progression du chantier. Ce dernier indiquait d’ailleurs qu’il ne pouvait exiger qu’une simple compensation financière au tribunal. L’Etat disposant d’un droit de propriété plein et entier sur ses terres.

Concrétisation du projet… malgré tout

Pour autant, ce mouvement d’opposition fut vain puisque le ministre de l’Energie israélien, Yuval Steinitz, confirma début 2020 que le gaz naturel hébreu approvisionnait désormais la Jordanie. Et cela, après la mise en activité de la plateforme pétrolière, Leviathan, située au large des côtes israéliennes. Ce dernier indiqua d’ailleurs en grande pompe “qu’Israël devenait (de facto) un exportateur d’énergie pour la première fois de son histoire”.

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