Iran : l’hypothèse de l’arme atomique prend du poids

Téhéran atteint désormais la barre inquiétante des 120 kilos de stock d’uranium enrichi à 20 %, confirme la télévision d’Etat iranienne. Washington, très en vue dans ce dossier, semble naviguer en eaux troubles. 

Nous avons dépassé les 120 kilos d’uranium enrichi. Notre peuple sait bien que les Occidentaux étaient censés nous donner le combustible enrichi à 20 % pour l’utiliser dans le réacteur de Téhéran, mais ils ne l’ont pas fait. Si nos collègues ne le produisaient pas, nous aurions naturellement des problèmes avec le manque de combustible pour ce réacteur. (Mohammad Eslami, directeur de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique).

Biden et les Américains, impuissants ?

Pour rappel, les sanctions de l’oncle Sam à l’encontre des secteurs pétrolier et financier iraniens, levées sous la présidence d’Obama, avaient retrouvé de leur superbe en novembre 2018. Cette décision était le fruit de la politique menée par son successeur, Donald Trump. Ce dernier n’ayant jamais caché sa méfiance envers les intentions nucléaires du géant perse, tout en fortifiant parallèlement une relation diplomatique toujours plus forte avec Israël… ennemi héréditaire de l’Iran.

En conséquence, Washington avait également entrainé l’Europe dans son sillage. Le Vieux Continent, sous pression dans ce dossier, a donc dû trouver des solutions alternatives pour continuer à commercer avec Téhéran. Et cela, sans froisser l’ogre américain. Ce qui fut loin d’être une partie de plaisir dans les faits puisque la Maison Blanche opère un chantage particulièrement tenace envers les pays tiers se risquant à braver les interdits.

Et pour cause, les entreprises asiatiques et de l’UE demeurent toujours sous la menace d’une exclusion du marché outre-Atlantique si elles persistent à importer du pétrole iranien, ou d’échanger avec des banques locales ciblées par l’Oncle Sam. Ces dernières n’ont d’ailleurs plus accès aux circuits financiers internationaux, bloquant de facto tout possibilité de virement, par exemple.

L’arrivée au pouvoir le 20 janvier dernier du président US, Joe Biden, va-t-elle redistribuer les cartes en la matière ? Cela n’en prend manifestement pas le chemin.

A suivre…

Articles en relation