Bolloré officialise la vente de sa filiale Africa Logistics au groupe italo-suisse MSC

Bolloré officialise la vente de sa filiale Africa Logistics au groupe italo-suisse MSC

Empêtré dans des scandales de corruption et confronté à une féroce concurrence, Bolloré va vendre sa filiale Africa Logistics. Une annonce qui semble confirmer que le groupe à l’intention de se recentrer sur ses activités médias.

Certains pensaient à un coup de bluff. Ils en sont pour leurs frais. En officialisant la cession de sa filiale Africa Logistics à la société MSC (Mediterranean Shipping Company), le groupe Bolloré confirme son intention de réduire sa présence en Afrique ou il est confronté à la concurrence grandissante des opérateurs chinois et émiratis.

Il est par ailleurs au cœur de scandales de corruptions au Togo et en Guinée, la justice française l’accusant d’avoir apporté son aide à des campagnes électorales en échange de l’attribution de concessions portuaires dans ces deux pays. Une affaire pour laquelle le groupe avait accepté en 2021 de payer une amende de 12 millions d’euros mais dont il est loin d’être sorti puisqu’un juge a refusé d’homologuer la reconnaissance préalable de culpabilité acceptée par Vincent Bolloré et deux de ses collaborateurs.

Une vente effective au premier semestre 2023

Toujours est-il que l’annonce de la vente de la branche Africa Logistics a été officialisée le 31 mars dernier. Encore conditionnée « à l’obtention d’autorisations réglementaires et des autorités de la concurrence compétentes ainsi qu’à l’accord de certaines des contreparties de Bolloré Africa Logistics », l’opération devrait rapporter 5,7 milliards au groupe Breton. Si ces conditions étaient remplies, la vente serait effective au premier semestre 2023.

Africa Logistics, encore dirigée par Cyrille Bolloré, détient des infrastructures dans une vingtaine de pays sur le continent africain où elle emploie plus de 20 000 personnes à travers un vaste réseau de concessions portuaires, d’entrepôts et de hubs routiers et ferroviaires. La branche a généré 2,1 milliards d’euros en 2020, soit plus de 8,7% du chiffre d’affaires total réalisé par Bolloré.

MSC deviendrait le leader du secteur portuaire en Afrique

Elle attisait donc les convoitises depuis que le groupe avait mandaté la banque américaine Morgan Stanley afin de commencer à sonder discrètement d’éventuels acheteurs. Des poids lourds du secteur maritime auraient tenté leur chance, dont l’armateur français CMA CGM, le danois Maersk et le chinois Cosco Shipping, qui exploite le port du Pirée en Grèce. Mais c’est l’italo-suisse MSC, le plus gros amateur de porte-conteneurs du monde et numéro quatre international des croisières, qui a su se distinguer en proposant l’offre la plus avantageuse sur un dossier initialement valorisé entre 2 et 3 milliards d’euros.

Propriété de la famille italienne Aponte, installée à Genève, MSC s’apprête donc à devenir leader du secteur portuaire en Afrique où elle gère déjà deux terminaux, à Lomé au Togo, et à San Pedro en Côte d’Ivoire, à travers sa filiale Terminal Investment Group (TIL).

Quant au groupe Bolloré, la cession de sa branche logistique lui permettra de se recentrer sur ses activités dans les secteurs de la communication, du divertissement, des télécoms et de l’édition où il est déjà bien présent en Afrique, à travers Canal + notamment. Un virage stratégique déjà largement amorcé en France ou il vient de s’emparer de Universal Music Group par l’intermédiaire de Vivendi, dont il possède 27% du capital. Il a par ailleurs lancé une offre publique d’achat sur le groupe Lagardère, une opération qui vise à créer un mastodonte de l’édition, en rapprochant Lagardère Publishing et Editis.

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