Les Nations unies condamnent une énième attaque djihadiste en Somalie

Un attentat-suicide a violement frappé un stade de la ville somalienne de Galkayo, dans la région de Mugdu, vendredi 18 décembre. Des centaines de personnes attendaient alors la visite du Premier ministre somalien, Mohamed Hussein Rolbe lorsque l’attentat, revendiqué depuis par les Shebab, a surgi semant mort et désolation.

Selon le site de l’ONU, de nombreuses personnes ont perdu la vie dans cette attaque. Trois hauts responsables de la sécurité somalienne font d’ailleurs partie des victimes. Par la voix de son porte-parole, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a fermement condamné ce sinistre dans une déclaration de presse publiée le lendemain.

L’attaque a également été condamnée par la Mission des Nations Unies en Somalie (UNSOM) par la voie de James Swan, le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU sur le territoire :

“Cet acte repréhensible est une attaque contre le peuple et les dirigeants du nord et du sud de Galkayo qui ont œuvré très durs pour y maintenir la paix ces derniers années.”

Les shebab durement touchés également

Pour rappel, les autorité américaines et somaliennes ont annoncé en avril dernier la mort de Yusuf Jiis, un des membres fondateurs du groupe djihadiste, Shebab. Le belligérant a perdu la vie à l’ouest de Mogadiscio, dans une frappe aérienne conduite par l’Africom, le commandement militaire US en Afrique.

Selon RFI, qui s’appuie sur des analyses d’experts liés à ce dossier, “Yusuf Jiis a notamment participé à des attaques contre des agences humanitaires en 2009. Récemment, il travaillait avec la Hisba, la police islamique des shebab… Et était devenu une “éminence” du Conseil de la shura, la plus haute instance du groupe terroriste. Celle-ci compterait seulement une dizaine de membres chargés de prendre les décisions importantes, de décider de la politique du mouvement, d’envoyer les ordres aux branches régionales, ou encore de nommer les chefs”.

Une opération de choix donc pour Washington, mais toujours insuffisante pour enrayer cette menace…. Car dans les faits, si le gouvernement central somalien résiste tant bien que mal aux assauts répétés du terrorisme, le soutien dont il bénéficie sur l’échiquier mondial ne suffit pas. Et pour cause, bien que les islamistes (5 à 9000 combattants) disposent d’une marge de manœuvre plus faible depuis 2011 et la perte de la capitale, ils restent malgré tout encore très actifs. Notamment dans de vastes zones rurales, d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides jusque dans la capitale.

La carte américaine

En ce sens, les Nations unies comptent sur les forces américaines pour assurer “le service après-vente”, car l’oncle Sam dispose de 5 bases militaires sur le territoire. Concrètement, après presque 30 ans “d’abstinence”, Washington a rouvert son ambassade à Mogadiscio au mois de décembre 2018. De quoi voir l’avenir plus sereinement, donc.

D’autant plus que le géant outre-Atlantique envisage parallèlement de réduire sa présence en Afrique pour recentrer ses efforts vers les concurrents stratégiques des Etats-Unis (la Chine et la Russie) aux dépens de l’aide à l’opération antidjihadiste dirigée par la France au Sahel. Et cela, afin de renforcer cette guerre d’usure contre les shebab, indique Le Monde.

Une information corroborée par Roger Cloutier, commandant des forces terrestres américaines en Afrique. « Les shebab sont l’une des menaces les plus sérieuses du continent. Ils aspirent à attaquer notre pays. Le danger qu’ils représentent doit être pris très très au sérieux. C’est pourquoi nous nous focalisons sur eux », a ainsi confirmé l’intéressé au cours d’une conférence téléphonique au Pentagone.

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