Économie ivoirienne : le FMI toujours optimiste

Publication: 19/10/2018

Les performances réalisées par la Côte d’Ivoire dans le cadre du programme appuyé par le FMI sont « solides », contrairement à ce qu’affirme La Lettre du Continent du 17 octobre dernier. Les bons résultats de la Côte d’Ivoire mènent les services de l’institution financière à conclure un nouvel accord avec les autorités ivoiriennes.

Dans sa lettre du 17 octobre, La Lettre du continent prétend que « le FMI épingle la gestion des sociétés publiques » par la Côte d’ivoire et « s’inquiète de l’endettement jugé chronique de ces entités ». Or, si l’on prend le temps de lire le rapport de l’institution financière, on se rend compte que les conclusions des services du FMI sont absolument positives. Ce n’est pas la première fois que La Lettre du continent s’attaque au gouvernement Ouattara sans vérifier ses sources, à tel point qu’on peut s’interroger sur le sérieux et la rigueur journalistique du bimensuel.

Car le FMI est sans ambiguïté : « En dépit des chocs endogènes et exogènes de l’année 2017, l’économie ivoirienne a montré sa résilience et de bonnes performances économiques sont prévues pour 2018 et 2019 », s’enthousiasme la mission du FMI ayant visité Abidjan du 19 septembre au 3 octobre. Dirigée par Cécile Allard, la mission devait tenir des discussions sur la quatrième revue du programme économique et financier triennal soutenu par l’institution financière.

Or la visite s’est avérée concluante. Un nouvel accord a en effet été conclu entre les autorités ivoiriennes et la mission du FMI, qui a noté le progrès du pays ouest-africain en matière de renforcement du secteur financier dans le contexte de la transition régionale vers les nouvelles normes prudentielles.

« Les performances réalisées dans le cadre du programme appuyé par le FMI ont été solides au cours du premier trimestre de 2018. Tous les critères de performance et les repères indicatifs pour fin juin 2018 ont été atteints. Les repères structurels sur la gestion de la dette publique, le suivi des entreprises publiques, et de politique fiscale et d’administration budgétaire ont également été mis en œuvre. Le déficit budgétaire devrait ainsi se situer à 4 % du PIB en 2018, en ligne avec les objectifs du programme, avec un faible manque à gagner sur les recettes, compensé notamment par une légère révision à la baisse des investissements publics », expliquent les services du FMI.

Des progrès en matière de gestion des entreprises publiques

Loin de s’inquiéter de la gestion des sociétés publiques, comme l’ont suggéré à tort certains médias, « la mission a noté les progrès réalisés en matière de restructuration et de suivi rapproché des entreprises publiques, ainsi que de surveillance des partenariats publics-privés et de leurs risques budgétaires associés ».

Afin d’atteindre les principaux objectifs du programme soutenu par le FMI, les services de l’institution financière et les autorités ivoiriennes se sont accordés sur des mesures de politiques budgétaires pour 2019. Le déficit budgétaire devrait converger vers la norme du déficit région de l’UEMOA de 3 % du PIB. En outre, la nécessité de préserver la viabilité de la dette a été confirmée par la mission du FMI et les autorités locales, qui se sont toutefois accordées pour créer l’espace nécessaire au financement du Programme national de développement 2016-2020.

Les conclusions de la mission du FMI s’inscrivent dans le droit fil des déclarations récentes de l’institution. En effet, à la suite des consultations au titre de l’article IV et de la troisième revue des accords de Facilité élargie de crédit (FEC) et de Mécanisme élargi de crédit (MED), en juin dernier, le FMI avait validé le versement de 136,6 millions de dollars en faveur de la Côte d’Ivoire. La vigueur de l’économie ivoirienne ne fait, semble-t-il, aucun doute pour l’institution financière internationale.

 

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