Smart cities : débats singuliers pour un modèle pluriel

Présentée comme un modèle futuriste de rationalisation et d’optimisation de l’urbain, la smart city est pourtant frappée comme les autres villes par le coronavirus. La crise sanitaire rappelle la diversité des instances de la ville intelligente dans le monde et met en question l’idée d’un modèle homogène de smart city.

Raphaël Languillon-Aussel, chargé d’études senior à La Fabrique de la Cité, think tank dédié à l’innovation et à la prospective urbaine, dresse son portrait, ses limites et ses acquis dans deux cahiers à découvrir sur le site de La Fabrique.

Des acteurs, des approches et des smart cities

Depuis 2005 et la première mention de l’idée d’une smart city par Bill Clinton, quinze ans se sont écoulés. Entre temps, les projets de smart cities se sont multipliés dans des villes de tailles et de niveaux de développement différents : Barcelone, Songdo, Toronto, Medellin, Lyon, Yokohama, Singapour, Berlin, Nairobi, Shenzhen, Pune… Alors que de nombreux rapports sont parus sur le sujet, la spécificité des enjeux de la smart city propre à chaque ville n’est que très rarement discutée. En quoi chaque smart city est-elle unique et répond-elle à des jeux d’acteurs et cultures d’aménagement radicalement différentes ? Pourquoi une même smart city ne peut-elle être dupliquée industriellement à l’infini en n’importe quel lieu ? Pourquoi les business models trop génériques ne fonctionnent-ils pas à l’identique dans toutes les smart cities ? En bref, pourquoi la smart city est-elle d’abord un processus politique avant d’être un objet technologique ?

Un modèle asiatique de smart cities ?

Alors que la smart city est souvent présentée au singulier, parfois de façon générique et désincarnée, sa circulation globale comme l’émergence de foyers d’expérimentation hors des États-Unis conduisent à remettre en question une vision trop uniforme, déconnectée de la réalité plurielle des logiques d’aménagement. Construction politique, la smart city – ou plutôt devrait-on dire les smart cities – est aussi un dispositif culturel. Peut-on, dès lors, établir une corrélation entre un découpage du monde en aires culturelles et une classification de smart cities en modèles correspondants ? Alors que l’Asie concentre un tiers des projets mondiaux de villes intelligentes, est-il possible d’identifier un éventuel « modèle asiatique » de smart city – ou, à défaut, de mettre en lumière de grandes caractéristiques communes ?

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