Berlin freine le début de l’exploitation du réseau gazier Nord Stream 2

Nord Stream 2 va essuyer un report

L’important réseau gazier russo-européen reliant la Russie à l’Allemagne, via la mer Baltique, est d’ores et déjà terminé. De quoi largement couvrir les besoins en la matière de plus en plus pressants des Etats du Vieux continent. Pour autant, Nord Stream 2 va vraisemblablement essuyer un report des autorités outre-Rhin.

Concrètement, les travaux de Nord Stream 1 ont démarré fin 2005 pour se terminer en 2011 avec une mise en service effective en 2012. Quant à Nord Stream 2, destiné à doubler la capacité de transport de l’hydrocarbure, les travaux ont commencé en avril 2018. Ils ont ensuite fait l’objet d’une interruption en décembre 2019 du fait de l’opposition et des sanctions américaines… pour finalement trouver leur épilogue en septembre 2021.

Sur le plan technique et financier, Nord Stream 2 consiste en deux lignes de gazoduc longeant le premier existant, Nord Stream, et reliant la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique, après un trajet sous l’eau de 1230 km. En mer, 68 km de tuyaux ont été déposés dans les eaux territoriales allemandes. Et le reste, à l’autre bout depuis le port russe de Oust-Louga.

Cette nouvelle conduite sous-marine dispose d’une capacité de 55 milliards de mètres cubes pour un coût estimé à 8 milliards d’euros, financée pour moitié par Gazprom et par cinq compagnies du Vieux continent, chacune apportant 950 millions d’euros.

A son arrivée, le gaz subira une compression à 200 bars avant son acheminement vers le marché européen. Gazprom pourrait ainsi répondre à la demande croissante de gaz en Europe, évaluée à 120 milliards de mètres cubes supplémentaires en 2035.

Berlin refuse une certification de l’infrastructure par une entreprise non allemande

Néanmoins, le projet va certainement prendre beaucoup de retard, et largement perturber le marché mondial gazier, souligne l’Usine Nouvelle :

« Le régulateur allemand de l’énergie a annoncé le 16 novembre avoir suspendu la procédure de certification de Nord Stream 2. Gazprom, propriétaire de l’infrastructure, doit (en effet) attendre le feu vert des autorités allemandes avant de pouvoir y faire transiter son gaz naturel vers les marchés européens. Ce contretemps risque donc de retarder de plusieurs mois a minima la mise en service de Nord Stream 2. Et de tendre les relations entre l’Europe et la Russie, à un moment où l’Europe a désespérément besoin de gaz.

(Dans les faits), le certificateur avance un problème juridique : l’homologation ne peut être accordée qu’à une société de droit allemand, alors que Nord Stream 2 AG, l’opérateur du pipeline, est domicilié en Suisse. (Conséquence) : dès l’annonce du retard, les prix du gaz naturel sur le marché de référence européen, le TTF néerlandais, ont bondi de 7% pour atteindre 87 euros par MWh. »

A suivre…

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