Placée en orbite autour de la planète rouge, la sonde Tianwen-1 symbole des ambitions chinoises dans l’espace

Le vaisseau Tianwen-1 vient de réussir sa mise en orbite autour de Mars. Le rêve chinois – devenir une puissance spatiale de premier plan – est en train de se réaliser.

Pour la Chine, c’est le programme spatial le plus ambitieux jamais réalisé à ce jour. Mercredi 10 février, les autorités de Pékin ont annoncé que le vaisseau Tianwen-1, composé d’une sonde, d’un atterrisseur et d’un rover (un petit véhicule à énergie solaire), avait réussi sa mise en orbite autour de Mars.

Cet exploit, réalisé après un voyage de 475 millions de kilomètres long de sept mois, s’inscrit dans un sursaut inhabituel d’activité sur Mars. La veille, c’est un vaisseau spatial des Émirats arabes unis qui avait basculé en orbite autour de la planète rouge. En attendant l’atterrissage du rover américain Perseverance, prévu pour le 18 février.

Les 5 objectifs de Tianwen-1

Tianwen-1 va désormais cartographier la surface de la planète rouge dans le but de préparer l’atterrissage de son rover, attendu en mai ou en juin prochain dans la plaine d’Utopia Planitia. Là même où, pour la première fois, la Nasa avait fait atterrir son engin Viking 2 en 1976. Si tout se passe comme prévu, la Chine serait ainsi le deuxième pays au monde à réussir une telle prouesse.

Les Chinois espèrent fournir une étude globale et étendue de la planète entière tout en collectant un maximum de données scientifiques. Les cinq objectifs de la mission ont été dévoilés par l’agence spatiale chinoise (CNSA) lors du lancement de Tianwen-1, le 23 juillet depuis l’île tropicale de Hainan, durant une fenêtre de tir permettant de réduire la distance du voyage Terre-Mars. Il s’agit de créer une carte géologique ; d’explorer les caractéristiques du sol et éventuellement localiser des dépôts souterrains de glace et d’eau ; d’analyser la composition des matériaux de surface ; d’étudier l’atmosphère et le climat à la surface ; de comprendre les champs électromagnétiques et gravitationnels de la planète rouge.

La réussite de la mission suspendue à l’atterrissage du rover

La réussite complète de la mission tient donc désormais à l’atterrissage du rover. Une opération qui n’a rien d’une partie de plaisir. Des vaisseaux spatiaux russes et européens écrasés jonchent le paysage martien alors qu’une douzaine d’orbiteurs ont déjà raté la cible. En 2011, un orbiteur chinois à destination de la planète rouge, qui faisait partie d’une mission russe, n’est d’ailleurs pas sorti de l’orbite terrestre. Dans la course à l’espace, seuls les États-Unis ont réussi à atterrir sur Mars – huit fois, à commencer par deux missions Viking dans les années 1970. Un atterrisseur et un rover américains sont encore en service aujourd’hui.

L’ambition des Chinois est de réaliser lors de leur première tentative indépendante tout ce que les Américains ont réalisé en plusieurs missions martiennes depuis les années 1960. A savoir, placer une sonde en orbite, poser un atterrisseur sur la terre ferme et en faire sortir un robot téléguidé. Il faut dire que l’Empire du milieu se donne les moyens de ses ambitions. Ces dernières décennies, il a investi des milliards de dollars dans son programme spatial afin de rattraper la Russie et les Etats-Unis. Avec ces deux pays, Pékin est aujourd’hui le seul  à maîtriser tous les secteurs de la conquête spatiale : les lanceurs, les satellites, les vols habités, les rendez-vous spatiaux, les laboratoires de l’espace, la conquête de la Lune, et, désormais, de Mars.

Entrer dans la cour des grands

La CNSA a ainsi brûlé les étapes ces dernières années depuis le lancement de son premier satellite en 1970 : premier taïkonaute dans l’espace en 2003, première petite station spatiale en 2011 (Tiangong 1), première mise sur orbite autour de la Lune en 2007 (Chang’e-1) et premier alunissage en 2013 (Chang’e-3 et son robot Yutu). Avec pour point d’orgue, en 2019, le succès de Chang’e-4, première sonde à se poser sur la face cachée de notre satellite naturel. Mais un point d’orgue provisoire. De fait, si la mission martienne Tianwen -1 était couronnée de succès en cumulant un orbiteur, un atterrisseur et un robot mobile, la Chine entrerait définitivement dans la cour des grands. Avec un appétit insatiable puisqu’elle est également en train de planifier une mission lunaire avec équipage.

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