Somalie : la sécheresse engendre un million de déplacés sous fond de terrorisme

La sécheresse et le djihadisme rongent la Somalie

Selon les données publiées par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), plus de 755 000 Somaliens ont été déplacés cette année, portant à ce chiffre à un million de personnes depuis janvier 2021, date du début de la sécheresse. Un fléau largement aggravé par l’épée de Damoclès « shebab ».

Le HCR souligne que « la Somalie connaît une période de sécheresse historique depuis deux ans, une situation inédite en plus de 40 ans. Les observateurs s’attendent à une prochaine saison des pluies insuffisante, une fois de plus, ce qui entraînera probablement le déplacement de nombreuses familles supplémentaires alors que la famine se profile à l’horizon ».

L’institution précise également que « la saison des pluies 2022 a pris fin prématurément en mai avec de faibles précipitations et peu ou pas de pluie en juin. Les régions du nord ont (ainsi) enregistré seulement 30 à 60 % du taux de précipitation moyenne ; les régions du centre et du sud, de 45 à 75 % ». Concrètement, il s’agit de la quatrième saison des pluies ratée consécutive depuis fin 2020.

La déclaration :

« Les communautés vulnérables sont les plus durement touchées par les effets de la crise climatique. De nombreuses familles sont laissées sans protection et les déplacements augmentent », a déclaré Magatte Guissé, Représentant du HCR en Somalie, rappelant que la riposte à la crise en Somalie était « déjà l’une des plus sous-financées avant cette dernière crise ».

Ce dossier rend donc la situation locale encore plus problématique puisque le groupe djihadiste des shebab continuent malheureusement de sévir sur le territoire.

La menace terroriste toujours aussi prégnante

Pour rappel, les autorité américaines et somaliennes ont annoncé en avril 2020 la mort de Yusuf Jiis, un des membres fondateurs des shebab. Le belligérant avait perdu la vie à l’ouest de Mogadiscio, dans une frappe aérienne conduite par l’Africom, le commandement militaire US en Afrique.

Selon RFI, qui s’appuie sur des analyses d’experts liés à ce dossier, « Yusuf Jiis avait notamment participé à des attaques contre des agences humanitaires en 2009. Récemment, il travaillait avec la Hisba, la police islamique des shebab… Et était devenu une “éminence” du Conseil de la shura, la plus haute instance du groupe terroriste. Celle-ci compterait seulement une dizaine de membres chargés de prendre les décisions importantes, de décider de la politique du mouvement, d’envoyer les ordres aux branches régionales, ou encore de nommer les chefs ».

Une opération de choix donc pour Washington, mais toujours insuffisante pour enrayer cette menace…. Car dans les faits, si le gouvernement central somalien résiste tant bien que mal aux assauts répétés du terrorisme, le soutien dont il bénéficie sur l’échiquier mondial ne suffit pas. Et pour cause, bien que les islamistes (5 à 9000 combattants) disposent d’une marge de manœuvre plus faible depuis 2011 et la perte de la capitale, ils restent malgré tout encore très actifs. Notamment dans de vastes zones rurales, d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides jusque dans la capitale.

La carte américaine

En ce sens, les Nations unies comptent sur les forces américaines pour assurer “le service après-vente”, car l’oncle Sam dispose de 5 bases militaires sur le territoire. Concrètement, après presque 30 ans « d’abstinence », Washington a rouvert son ambassade à Mogadiscio au mois de décembre 2018. De quoi voir l’avenir plus sereinement, donc.

D’autant plus que le géant outre-Atlantique envisage parallèlement de réduire sa présence en Afrique pour recentrer ses efforts vers les concurrents stratégiques des Etats-Unis (la Chine et la Russie) aux dépens de l’aide à l’opération antidjihadiste dirigée par la France au Sahel. Et cela, afin de renforcer cette guerre d’usure contre les shebab, indique Le Monde.

Une information corroborée par Roger Cloutier, commandant des forces terrestres américaines en Afrique. « Les shebab sont l’une des menaces les plus sérieuses du continent. Ils aspirent à attaquer notre pays. Le danger qu’ils représentent doit être pris très très au sérieux. C’est pourquoi nous nous focalisons sur eux », avait ainsi confirmé l’intéressé au cours d’une conférence téléphonique au Pentagone.

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