L’Iran prêt à collaborer avec l’Agence internationale de l’énergie atomique

L'Iran prêt à collaborer avec l'Agence internationale de l'énergie atomique

Alors que les intentions du gouvernement iranien dans le dossier atomique restent toujours floues, ce dernier se dit prêt à coopérer avec l’Agence internationale de l’énergie atomique. Et cela, afin de « balayer » les doutes soulevés par l’AIEA sur le caractère pacifique du programme nucléaire de Téhéran, relaie Le Figaro.

Cette tendance trouve en effet sa source dans les déclarations hebdomadaires du porte-parole étatique, Nasser Kanani : « La République islamique est prête à coopérer avec l’AIEA pour balayer les fausses impressions concernant ses activités nucléaires pacifiques », souligne ainsi l’intéressé.

De son côté, l’institution se veut beaucoup plus prudente et admet « ne pas être en mesure de garantir que le programme iranien soit exclusivement pacifique. En cause, l’absence de progrès sur la question de trois sites non déclarés, où des traces d’uranium ont été découvertes par le passé », poursuit le média.

Le Figaro précise par ailleurs que « l’Iran est engagé, depuis avril 2021, dans des pourparlers sous la médiation de l’UE pour relancer l’accord (de Vienne) de 2015, avec la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l’Allemagne et la Russie, et avec les États-Unis indirectement. Washington s’étant retiré en 2018 de cet accord ».

L’Iran poursuit toujours son objectif de l’arme atomique 

Toutefois, il est important de noter que Téhéran a atteint par la suite la barre inquiétante des 120 kilos de stock d’uranium enrichi à 20 %. Une information confirmée par Mohammad Eslami, directeur de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, en octobre 2021 :

Nous avons dépassé les 120 kilos d’uranium enrichi. Notre peuple sait bien que les Occidentaux étaient censés nous donner le combustible enrichi à 20 % pour l’utiliser dans le réacteur de Téhéran, mais ils ne l’ont pas fait. Si nos collègues ne le produisaient pas, nous aurions naturellement des problèmes avec le manque de combustible pour ce réacteur. »

Biden et les Américains, impuissants ?

Pour rappel, les sanctions de l’Oncle Sam à l’encontre des secteurs pétrolier et financier iraniens, levées sous la présidence d’Obama, avaient retrouvé de leur superbe en novembre 2018. Cette décision était le fruit de la politique menée par son successeur, Donald Trump. Le magnat de l’immobilier n’ayant jamais caché sa méfiance envers les intentions nucléaires du géant perse, tout en fortifiant parallèlement une relation diplomatique toujours plus forte avec Israël… ennemi héréditaire de l’Iran.

En conséquence, Washington avait également entrainé l’Europe dans son sillage. Le Vieux Continent, sous pression dans ce dossier, a donc dû trouver des solutions alternatives pour continuer à commercer avec Téhéran. Et cela, sans froisser l’ogre américain car, dans les faits, la Maison Blanche opère un chantage particulièrement tenace envers les pays tiers se risquant à braver les interdits.

Et pour cause, les entreprises asiatiques et de l’UE demeurent toujours sous la menace d’une exclusion du marché outre-Atlantique si elles persistent à importer du pétrole iranien, ou d’échanger avec des banques locales ciblées par les Etats-Unis Ces dernières n’ont d’ailleurs plus accès aux circuits financiers internationaux, bloquant de facto tout possibilité de virement, par exemple.

L’arrivée au pouvoir le 20 janvier 2021 du président US, Joe Biden, va-t-elle redistribuer les cartes en la matière ? Cela n’en prend manifestement pas encore le chemin.

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