Les djihadistes étrangers emprisonnés, outil du hard power irakien

Publication: 12/06/2019

Le gouvernement irakien a décidé d’utiliser les quelques 500 djihadistes étrangers détenus dans les geôles du pays comme une arme diplomatique particulièrement efficace sur la scène internationale.

Dans les faits, le système pénal irakien sanctionne quasi-systématiquement les djihadistes nationaux et étrangers de la peine de mort. Sachant que dans de rares cas, la justice locale privilégie l’option de l’emprisonnement à perpétuité.

Pour autant, il est important de souligner que ces hommes et femmes ne connaîtront pas le même destin s’ils sont de nationalité irakienne ou originaires d’autres nations. Ainsi, quant les premiers sont bel et bien exécutés, les seconds sont, eux, gardés bien “au chaud”. Et cela, afin de faire office de monnaie d’échange avec de grandes puissances mondiales qui attestent d’un ou plusieurs de leurs ressortissants derrière les barreaux sur le territoire.

C’est du moins ce que révèle auprès du JDD le journaliste, Wassim Nasr, auteur du livre “Etat islamique, le fait accompli“. Selon lui, la politique menée par Bagdad vise clairement « à demander des financements, des contrats ou un levier qui pourra être activé à n’importe quel moment face à l’Etat d’origine ».

Paris fait le jeu de Bagdad

Concrètement, ce jeu du chat et de la souris fait logiquement le jeu des autorités irakiennes puisque de nombreux pays militent pour que leurs vilains petits canards “restent en vie”.  Ce qui est le cas de la France, par exemple. La garde des Sceaux, Nicole Belloubet, l’a d’ailleurs fermement rappelé jeudi sur les ondes de RMC :

« Il y a des discussions en cours. Nous veillons à ce que la peine de mort ne soit pas (applicable) pour les personnes dont nous avons la responsabilité. Nous avons dit à plusieurs reprises à l’Etat irakien que la peine de mort (n’est pas une solution acceptable). »

Pour rappel, Washington a exhorté à de nombreuses reprises ses alliés européens de l’Otan à rapatrier “leurs djihadistes” dans les plus brefs délais. Pour autant, tous ne l’entendent pas de cette oreille et préfèrent se délester de ce lourd fardeau…. De quoi conforter encore un peu plus les velléités politiques de Bagdad dans ce dossier.

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