Total : une stratégie diplomatique qui porte ses fruits au Moyen-Orient

Publication: 11/12/2017

Soucieux de maximiser son expansion au Moyen-Orient où les relations diplomatiques sont troubles, Total marche sur des œufs afin de ne froisser aucun interlocuteur incontournable dans la région. 

“Total est Qatari au Qatar, Emirati à Abu Dhabi, Iranien en Iran, je n’ai pas à choisir entre ces pays.” Telle est la position du PDG du groupe français.

Patrick Pouyanné a en effet pris soin de prononcer cette phrase en juillet dernier lorsque les relations entre Doha et Riyad étaient au plus bas. Et cela, dans un but bien précis, prospérer durablement dans une zone gazière et pétrolière hyper attrayante. 

Un postulat que souligne à juste titre Challenge : “En octobre, lors de la World Policy Conference, la rencontre diplomatique organisée chaque année par Thierry de Montbrial, président de l’Institut français des relations internationales (Ifri), P. Pouyanné a pu discuter à Marrakech avec le ministre des Affaires étrangères du Qatar. Dans son allocution, aucune référence à la crise en cours. Place à la langue de bois sur la transformation de Total et la transition énergétique (…) Ainsi, a-t-il pris soin de prévenir Doha avant de signer cet été son contrat historique à 4,8 milliards de dollars avec Téhéran pour l’exploitation des plus grands gisements de gaz naturel au monde dans le golfe Persique. « On vous connaît », lui avaient alors répondu en substance les autorités qataries.” 

“Cet adoubement” est le signe que la communication de Total ne trouve pas d’accroc dans ce marasme étatique; une stratégie payante en somme, confirme de son côté Francis Perrin, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) :

“Total est né au Moyen-Orient au début des années 1930. Son ancienneté dans la région constitue un atout majeur pour le groupe qui dispose d’accès privilégiés au plus haut niveau (…) De ce fait, ses mouvements (commerciaux) ne constituent pas un sujet de tension pour Riyad. En revanche, les Saoudiens sont très sensibles aux prises de position du Quai d’Orsay”, tempère-t-il.

Le média rappelle enfin que Total est actif dans sept pays de la région, et ce n’est pas pour rien… :

“Plutôt que de chasser les contrats aux Etats-Unis, comme certains de ses grands rivaux, Total préfère presser l’éponge à or noir du Moyen-Orient, qui offre les coûts de production les plus compétitifs du globe, à moins de 10 dollars le baril (…) La diplomatie parallèle du groupe comme ses ambitions dans le Golfe s’inscrivent donc dans une vision stratégique (efficiente).”

Source : Challenges

 

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