Courtisée par le Nord, la Côte d’Ivoire n’en perd pas le Sud

Publication: 11/01/2017

Il y a de ces pays où, quand les plus hautes autorités de l’Etat déclarent que « ça va mieux », cela va… vraiment mieux. C’est le cas de la Côte d’Ivoire. Englué dans des crises fratricides et guerres civiles pendant des années, le pays d’Afrique de l’Ouest a définitivement relevé la tête. Et semble retrouver la voie d’une prospérité durable.

Lors de la traditionnelle diffusion des vœux de fin d’année, le président ivoirien, Alassane Ouattara, n’a pas manqué de souligner les progrès constants réalisés par le pays dont il a la charge depuis 2011. Le chef de l’Etat, qui vient, par ailleurs, d’annoncer qu’il ne briguera pas de troisième mandat – coupant court aux critiques de l’opposition – n’entend pas se reposer sur ses lauriers. D’ici à la prochaine élection présidentielle, qui se tiendra en 2020, il promet à son peuple de mettre les bouchées doubles. « Notre économie se porte bien, s’est-il ainsi félicité, avec un taux de croissance estimé à environ 9% par an en moyenne au cours des cinq dernières années. Nous allons continuer la gestion rigoureuse des ressources publiques ».

Celui pour qui « la vraie indépendance d’un pays s’acquiert grâce à une saine gestion de son économie » a promis de poursuivre l’impressionnant train de réformes engagées sur le plan économique. Des réformes qui, selon le premier magistrat de la Côte d’Ivoire, « commencent à porter leurs fruits et se traduisent par la confiance des investisseurs internationaux (…). La Côte d’Ivoire est devenue l’une des économies les plus attractives en Afrique », particulièrement en ce qui concerne la coopération Sud-Sud. Les faits lui donnent raison.

Le Maroc, premier pays investisseur africain en Côte d’Ivoire

Complémentaire de la coopération Nord-Sud, « la coopération Sud-Sud est un instrument important et efficace pour permettre aux pays en développement d’atteindre les objectifs de développement convenus au niveau international », selon l’ONU. Pour l’ancien secrétaire des Nations-Unies, Ban Ki-moon, il s’agit d’un « précieux moyen de parvenir au développement durable et d’améliorer la vie de milliards d’habitants de la planète, dans la partie Sud et bien au-delà ». Un encouragement bien compris par le Brésil et la Côte d’Ivoire, qui ont récemment renforcé leurs liens économiques.

La quatrième édition de l’International business fair, qui s’est tenue à Sao Paolo en novembre 2016, a été l’occasion pour les hommes et femmes d’affaires des deux pays de raffermir leurs relations commerciales. Rendez-vous est déjà donné, en février prochain au Nigeria, à tous les opérateurs économiques brésiliens désireux de s’implanter à Abidjan ou Lagos. Des entreprises issues des secteurs latino-américains de la santé, de l’immobilier, de l’électricité et du gaz ou encore de l’agroalimentaire et de l’agro-industrie ont déjà réservé leur ticket pour ce « business meeting », organisé par la Chambre de commerce et d’industrie bilatérale ivoiro-nigériane.

Si les perspectives d’affaires entre l’Afrique et l’Amérique du Sud sont alléchantes, c’est bien entre pays du continent africain que la coopération Sud-Sud se révèle la plus prometteuse. A l’agenda économique des autorités ivoiriennes, le renforcement des relations commerciales avec le Maroc fait ainsi figure de priorité. A ce titre, l’année 2016 fut celle de la concorde : participation du Maroc, en tant qu’invité d’honneur, à la deuxième Foire internationale d’Abidjan (FIA), avec la présence de 36 entreprises marocaines leaders dans leurs secteurs respectifs (BTP, NTIC, industrie pharmaceutique, chimie, etc.) ; multiplication des missions en Côte d’Ivoire de la part de l’agence Maroc Export ; implantation de nombreux groupes industriels marocains – et celle à venir de plusieurs groupes pharmaceutiques et du textile ; etc.

Présent lors de la dernière FIA, le ministre marocain du Commerce extérieur, Mohamed Abbou, s’est félicité que le Royaume soit devenu le premier investisseur africain en Côte d’Ivoire. En 2015, les investissements marocains ont ainsi atteint 147 milliards de FCFA, soit l’équivalent de plus de 223 millions d’euros. Quant aux échanges commerciaux entre les deux pays, ils ont vu leur valeur tripler en cinq ans, passant de 39,6 milliards de FCFA (60,4 millions d’euros) en 2010 à près de 122 milliards de FCFA (184,5 millions d’euros) en 2015, selon Maroc Export.

La coopération Sud-Sud au cœur de la stratégie Ouattara

Le Maroc n’est pas le seul pays du Maghreb à faire les yeux doux à la Côte d’Ivoire. En Tunisie aussi, on a bien l’intention de profiter de la vitalité de l’économie ivoirienne. Un accord de partenariat a été signé en ce sens, en août 2016, entre la Chambre nationale des promoteurs et constructeurs agréés de Côte d’Ivoire et la Chambre syndicale nationale des promoteurs immobiliers tunisiens. L’objectif, ici encore, est de renforcer la coopération entre les acteurs des deux pays et de favoriser leurs échanges d’expérience dans les domaines réglementaires, fonciers, financiers, techniques, etc.

Entre la Côte d’Ivoire et le Gabon, c’est le même son de cloche. A l’occasion d’une rencontre bilatérale, organisée en avril 2014, les chefs d’Etat des deux pays ont adopté des résolutions volontaristes favorisant leur coopération économique. Une rencontre à l’issue de laquelle le président gabonais, Ali Bongo, a déclaré que « la Côte d’Ivoire et le Gabon se veulent les champions de la coopération Sud-Sud ».

La coopération entre les pays du Sud figurait, enfin, en bonne place au cours de la cérémonie des vœux adressés par Alassane Ouattara, pour la nouvelle année 2016. Pour le président ivoirien, les nombreux chantiers livrés ou en cours – pont de Jacqueville, mosquée du Plateau ou baie de Cocody – démontrent, davantage qu’un long discours, l’efficacité d’une telle coopération.

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