Libye : le meurtre sordide de quinze migrants scandalise l’ONU

Libye : le meurtre sordide de quinze migrants scandalisent l'ONU

La découverte macabre, vendredi 7 octobre, de quinze corps de migrants et demandeurs d’asile à proximité de la ville de Sabratha – située à l’ouest de la Libye et à 70 km de la capitale, Tripoli – démontre que le trafic d’êtres d’humains continue de gangréner une nation déjà soumise à une situation géopolitique intenable. Ces crimes, dénoncés par les Nations unis, densifient de facto les craintes pesant sur la sécurité de ces malheureux en errance dans le pays. Et cela, dans l’espoir de rejoindre l’Europe.

« Onze corps calcinés ont été retrouvés à l’intérieur d’un bateau amarré et quatre autres corps portant des blessures ont été retrouvés à l’extérieur. Bien que les circonstances exactes restent à déterminer, les meurtres auraient résulté d’affrontements armés entre trafiquants rivaux », martèle l’ONU, dans un rapport relayé par Le Point.

Celle-ci exhorte donc les autorités libyennes à « garantir une enquête rapide, indépendante et transparente pour traduire tous les auteurs en justice ». Toujours selon les Nations unies, « ce drame rappelle brutalement le manque de protection auquel sont confrontés les migrants et demandeurs d’asile en Libye, ainsi que les violations généralisées des droits humains perpétrées par de puissants réseaux de trafiquants et criminels ».

La Libye, « une escale » très utilisée par les migrants pour rejoindre l’Italie

Concrètement, Sabratha s’affirme comme l’un des « checkpoints » les plus importants de Libye pour des milliers de migrants cherchant chaque année à rejoindre le Vieux continent, via les cotes italiennes. Sans surprise, la situation politique locale, et ses luttes intestines, ne favorisent en rien la protection des migrants présents sur le territoire.

Une Libye coupée en deux 

Et pour cause, la transition politique assurée depuis 2016 par le chef du gouvernement d’Union nationale (GNA) reconnu par l’ONU, (désormais Abdul Hamid Dbeibah), installé à Tripoli, demeure instable. A sa décharge, le maréchal Khalifa Haftar, ex-soutien de Mouammar Kadhafi, n’aide en rien à la tâche, puisqu’il gère parallèlement le pouvoir à l’Est.

Avec une autorité coupée en deux, des violences intermittentes, des rivalités diplomatiques internationales contraignantes et une réserve de pétrole mal exploitée, les maux libyens sont en effet aussi multiples qu’épineux.

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