Les Pays-Bas, nouvelle plateforme pour l’écoulement de la cocaïne en Europe

La cocaïne débarquée aux Pays-Bas innonde l'Europe (Photo: Flickr).

Un rapport d’Europol pointe le rôle de plateforme joué par les Pays-Bas dans l’écoulement en Europe de la cocaïne en provenance d’Amérique latine.

La police néerlandaise a annoncé le 29 juin avoir saisi près de trois tonnes de cocaïne dans une ferme près de l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol. Une saisie record, fruit d’une enquête au long cours, représentant une valeur de 195 millions d’euros à la revente sur le marché. « C‘est l’une des plus grosses saisies dans l’histoire de la police d’Amsterdam », s’est d’ailleurs félicitée l’Institution dans un communiqué. Les policiers ont également retrouvé sur place pour 11,3 millions d’euros de billets, et deux suspects ont été interpellés. Une opération qui pourrait préfigurer d’autres saisies à l’avenir, plus spectaculaires encore.

Les Pays-Bas supplantent l’Espagne

Plus grand port européen avec plusieurs centaines de millions de tonnes de marchandises traitées chaque année, Rotterdam est en effet devenue la porte d’entrée privilégiée par les trafiquants souhaitant écouler leurs drogues en Europe, en particulier la cocaïne en provenance de Colombie. Avec la Belgique et, dans une moindre mesure, l’Allemagne, les Pays-Bas ont même désormais supplantés l’Espagne, pays qui détenait jusqu’il y a peu ce triste record indique l’agence européenne de police Europol dans un rapport rendu public le 7 septembre. « L’épicentre du marché de la cocaïne en Europe s’est déplacé vers le nord », soulignent ainsi les auteurs de ce rapport rédigé en coopération avec l’Office des Nations unies contre les drogues et le crime (ONUDC).

Concrètement, les organisations criminelles s’appuient sur le développement en plein essor du transport de marchandises dans des conteneurs et misent sur les grandes capacités des terminaux portuaires de Rotterdam, d’Anvers et de Hambourg. La drogue transite ensuite presque toujours par les Pays-Bas d’où elle est acheminée dans l’ensemble de l’Europe. Un marché juteux puisque la poudre blanche est la deuxième drogue la plus consommée sur le continent après le cannabis – 4,4 millions de consommateurs selon les estimations les plus récentes.

Depuis la fin de la guérilla en Colombie, les trafiquants prospèrent…

Plus étonnant, les criminels profitent également de la stabilisation de la situation en Colombie ou un accord de paix a été conclu en 2016 entre les FARC et le gouvernement. La guérilla, qui avait jusqu’alors la main mise sur une grande partie des zones où est cultivée la coca, dont les feuilles permettent d’extraire la cocaïne, régulait l’accès des intermédiaires et des réseaux internationaux aux approvisionnements. Mais quand les guérilleros marxistes ont rendu les armes, de nombreux groupes ont émergé qui se disputent aujourd’hui le contrôle de la production de cocaïne. Une concurrence qui facilite le travail des trafiquants européens qui ont depuis changé de stratégie, formant avec ces groupes des alliances sans intermédiaire pour se procurer la cocaïne directement à la source au prix le plus compétitif.

Résultat, l’Europe se retrouve inondée par des quantités de cocaïne sans précédent en provenance d’Amérique latine qui génèrent des bénéfices de plusieurs milliards d’euros pour les réseaux criminels de ces deux zones. De surcroît, la pureté de la cocaïne acheminée est désormais au plus haut niveau jamais atteint notent les experts.

Articles en relation