Syrie : accord russo-américain sur une trêve nationale

John Kerry, le Secrétaire d’Etat américain à la Défense, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, ont officialisé dans la nuit de vendredi à samedi un accord de paix “majeur” sur le territoire syrien, doublé d’une coopération militaire efficiente des deux pays. Une trêve nationale entrera en vigueur dès le lundi 12 septembre, date du début de l’Aïd-el-Adha, la fête musulmane du sacrifice.

“Les Etats-Unis et la Russie annoncent un plan qui, nous l’espérons, permettra de réduire la violence et d’ouvrir la voie à une paix négociée et à une transition politique en Syrie (…) Il crée (également) les conditions nécessaires pour la reprise de ce processus qui est à l’arrêt depuis longtemps.”

Le communiqué, qui souhaite fédérer l’ensemble des acteurs syriens sur ce dossier, précise dans la foulée que le régime de Bachar el-Assad est prêt à en respecter les modalités.

Le texte prévoit parallèlement la mise en place de corridors sûrs pour les opérations humanitaires et d’un « centre de commandement commun » destiné à  coordonner les actions de Washington et de Moscou contre les groupes islamistes, à l’unique condition que le cessez-le-feu perdure durant au moins sept jours.

A noter que les deux parties souhaitent minutieusement délimiter les territoires de l’ex-Front al-Nosra et ceux de l’opposition. La branche syrienne d’Al-Qaïda avait en effet indiqué fin juillet une rupture tactique avec la “maison mère” afin de mettre fin à la distinction établie par la coalition entre l’organisation terroriste et les rebelles locaux.

Concrètement, le Front, proche des rebelles au contraire de l’EI, souhaitait se prémunir, via cette manœuvre, contre une éventuelle action militaire russo-américaine.

Paris, de son côté, a accueilli cette décision avec satisfaction, mais n’a pas manqué de surligner l’importance que cette trêve trouve justification sur le terrain :

“Les bombardements aériens et les attaques contre les civils doivent s’estomper, l’accès humanitaire doit être assuré au bénéfice de toutes les populations assiégées et le martyre d’Alep doit cesser”, a martelé Jean-Marc Ayrault, le chef de la diplomatie hexagonale.

Avant de rappeler que les auteurs d’attaques chimiques en Syrie devaient être impérativement sanctionnés, alors qu’une enquête menée par les Nations Unies avait dévoilé au grand jour la responsabilité de l’EI et des forces gouvernementales dans ces tueries.

Source : Le Monde

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