Propos de V. Pécresse : l’Allemand Kärcher refuse que sa marque soit politisée

Kärcher et Pécresse, polémique

Alors que Nicolas Sarkozy avait défrayé la chronique en utilisant le mot « kärcher » en juin 2005 pour en finir avec l’insécurité dans les quartiers sensibles, une autre voix dominante de la droite – à savoir Valérie Pécresse, candidate LR à la présidentielle 2022 – a elle aussi fait usage du terme associé à l’entreprise allemande pour étoffer sa stratégie en matière de sécurité. De quoi pousser le groupe outre-Rhin a monté au créneau et demander que cette politisation de sa marque cesse sur le champ. 

Et pour cause, Valérie Pécresse n’a pas fait dans la mesure, la semaine dernière, lors de son déplacement dans le Sud de la France lorsque cette dernière s’exprima auprès du quotidien régional, La Provence, sur son orientation sécuritaire dans les banlieues.

La candidate « Les républicains » a ainsi de nouveau associé la marque Kärcher à plus de sécurité dans les zones sensibles : « Il faut ressortir le kärcher laissé à la cave par Nicolas Sarkozy et François Hollande depuis 10 ans et nettoyer les quartiers. » Interrogée lors d’un déplacement à Salon-de-Provence, V.Pécresse a d’ailleurs réitéré cette tirade avec grande assurance.

Un déficit d’image pour Kärcher

Si ces propos resteront à l’analyse subjective de chacun au niveau sémantique, l’entreprise allemande, Kärcher, peut, elle, réellement se sentir lésée en termes de déficit d’image… Et n’a pas manqué de monter au créneau dans un communiqué pour se dissocier totalement de cette quête politicienne :

La marque Kärcher n’est l’étendard d’aucun parti politique, mais la propriété exclusive des sociétés Kärcher. Le groupe Kärcher se bat, depuis des années, pour que sa marque ne soit pas exploitée sur la scène politique française, où elle n’a pas sa place, et s’oppose à ce qu’elle soit associée à tout parti ou courant politique. Ces utilisations portent atteinte à sa distinctivité et son image et sont préjudiciables puisqu’elles associent les produits Kärcher à la violence et à l’insécurité. »

La structure rappelle donc qu’elle « se dédie au nettoyage » et qu’elle « défend des valeurs citoyennes fortes, notamment en menant une politique active de mécénat culturel et en intervenant sur des chantiers de grande ampleur ».

Des demandes répétées depuis 2005

L’année dernière, Kärcher avait déjà mis les points sur les i dans ce dossier en arguant « qu’elle ne souhaitait pas l’emprunt de son nom et de sa marque par le discours (politicien) ou pour tout autre sujet qui désignerait autre chose que ses produits ».

Mais ce n’est pas tout, selon BFM le groupe avait également envoyé une lettre recommandée à 19 candidats déclarés de l’élection présidentielle 2017 pour leur enjoindre de ne pas utiliser son nom de marque. Demande réitérée en 2020 dans un communiqué publié dans la presse.

Articles en relation