Le Tchad toujours en pointe contre le terrorisme au Sahel

Dans la nuit du 4 au 5 août, des militaires tchadiens ont été la cible d’une attaque de Boko Haram, dans la région du Lac Tchad. Une nouvelle attaque dans ce territoire en proie à de multiples incursions djihadistes. 24 soldats ont été tués et plusieurs autres blessés. Face à la menace, la coopération internationale est plus que jamais d’actualité.

Boko Haram a encore frappé

Les éléments de retour d’une patrouille se reposaient quand ils ont été attaqués par Boko Haram”, a annoncé jeudi 5 août le sous-préfet de la région, Haki Djiddi, précisant que “24 militaires ont été tués, plusieurs ont été blessés et d’autres militaires se sont éparpillés dans la nature”. L’offensive a eu lieu sur l’île de Tchoukou Telia, à 190 km au nord-ouest de N’Djamena. Une attaque confirmée par le porte-parole de l’armée, le général Azem Bermandoa Agouna, qui n’a pas souhaité communiquer le bilan des victimes. Pour l’armée tchadienne, cet assaut est le plus important sur son territoire depuis la mort du président Idriss Déby Itno, en avril dernier. Tandis que des opérations de recherche sont actuellement menées pour retrouver les disparus, l’état-major général des armées a annoncé le lancement d’une contre-offensive.

Ce n’est pas la première fois que ce pays d’Afrique Centrale est victime d’une attaque djihadiste de grande ampleur. Le 23 mars 2020, l’attaque d’une base militaire sur la presqu’île de Bohoma avait causé la mort de près d’une centaine de soldats et plusieurs dizaines avaient été blessés. En signe de riposte, l’ancien président Idriss Déby Itno lançait début avril une campagne fulgurante, l’opération “Colère de Bohoma”, qui causa de lourdes pertes au sein des groupes armés terroristes, aussi bien au Tchad qu’au Niger et au Nigéria.

La rébellion de Boko Haram a débuté en 2009 dans le nord-est du Nigéria, avant de se propager dans les pays voisins. Tchad, Niger, Nigeria, Cameroun : depuis 2014, les pays limitrophes du Lac Tchad font les frais d’attaques à répétitions, de la part de Boko Haram et de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest.

Soutien international au gouvernement militaire transitoire

Dès son arrivée au pouvoir, le nouveau président tchadien Mahamat Idriss Déby a fait du terrorisme son cheval de bataille. Le sujet était d’ailleurs au cœur des discussions avec son homologue français, lors de sa visite officielle à Paris du 4 au 5 juillet dernier. D’autant plus que le 10 juin dernier, Emmanuel Macron annonçait le désengagement progressif de la France au Sahel, avec la fin de l’opération Barkhane. L’occasion donc de parler concrètement de l’avenir sécuritaire de la région.

Car l’attaque récente de l’île de Tchoukou Telia pourrait bien rebattre les cartes. Lors de son discours pour les funérailles d’Idriss Déby Itno, le président français n’avait-il pas précisé que “La France ne laissera jamais personne, ni aujourd’hui ni demain, remettre en cause la stabilité et l’intégrité du Tchad”, réitérant avec ses homologues son soutien “au processus de transition civilo-militaire pour la stabilité de la région”?

Si le Tchad peut compter sur le soutien de son allié français, il peut également se reposer sur ses partenaires du G5 Sahel. A ce titre, fin juillet, Mahamat Idriss Déby et son homologue mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani ont à nouveau insisté sur la nécessité de collaborer, face à la résilience des groupes terroristes dans la région du Sahel et le bassin du Lac Tchad. Autonomisation de la Force conjointe du G5 Sahel, mutualisation des moyens, synergie des efforts… Les raisons évoquées sont nombreuses pour renforcer l’efficacité des opérations militaires.

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