Facebook fait main basse sur les données des utilisateurs de WhatsApp

À partir du 8 février prochain, les utilisateurs de WhatsApp, propriété de Facebook, auront l’obligation de partager leurs données avec les autres entités du groupe de Mark Zuckerberg pour pouvoir continuer à utiliser la messagerie instantanée.

20 minutes a donc sollicité Merav Griguer, avocate et enseignante à Sciences-Po et Assas, pour connaître les tenants et les aboutissants de cette nouvelle inquiétante. En voici un extrait :

« Pour pouvoir continuer à utiliser l’application WhatsApp, les utilisateurs devront accepter de nouvelles conditions d’utilisation et donner le droit à Facebook, mais aussi à Instagram et Messenger, de récupérer certaines données de la messagerie. Ceux qui refuseront ces nouvelles conditions d’utilisation ne pourront tout simplement plus utiliser WhatsApp.

(…) Les données personnelles partagées concerneront les informations d’enregistrement du compte, le numéro de téléphone de chaque utilisateur, ses contacts, ses informations de profil et ses données des transactions éventuellement réalisées dans l’application. Cela concernera aussi les informations de service, celles sur comment l’utilisateur va interagir d’un service à l’autre, c’est-à-dire comment il va passer de Facebook, à Instagram jusqu’à WhatsApp. L’adresse IP sera également partagée. Évidemment, le contenu des messages, qui restent chiffrés et donc en principe confidentiels, n’est pas concerné.

Un traitement différent pour les Européens

(…) Les utilisateurs européens ne seront toutefois pas soumis aux mêmes règles que les autres utilisateurs, puisque le partage en Europe et au Royaume-Uni ne concernera que les données pour des usages professionnels, pour développer les fonctionnalités offertes aux comptes professionnels WhatsApp Business. Seuls les usages professionnels, c’est-à-dire avec des entreprises qui utilisent la messagerie comme canal pour communiquer avec leurs clients, (subiront) donc ce partage de données. Dans tous les cas, il faudra quand même accepter les nouvelles conditions d’utilisation.

(…) (Au final), il n’y en a malheureusement pas d’alternatives pour les utilisateurs qui refuseraient ce partage de données, à part migrer vers d’autres messageries cryptées, comme Signal par exemple. »

Vers un projet satellitaire pour Facebook

Pour information, Facebook compte lancer à court terme son propre réseau satellitaire en basse altitude, intitulé Athéna. Et cela, afin de capter une audience toujours plus élevée; le célèbre réseau social lorgnant sur les régions planétaires les moins bien loties en matière de débit Internet.

Cette information, confirmée par le site US Wired et relayée par Le Figaro, n’est pas anodine. Et pour cause, près de la moitié de la population mondiale ne bénéficie pas d’un accès régulier à Internet. Soit autant d’utilisateurs potentiels que le géant américain souhaite attirer dans ses filets.

Sans surprise, une telle prouesse passe obligatoirement par le développement d’une technologie de premier plan, capable d’atteindre les zones isolées du globe en mal d’infrastructures réseau. C’est là qu’intervient Athéna, un projet de satellites à orbite basse, particulièrement opaque pour le moment.

Facebook n’en est d’ailleurs pas à son premier galop d’essai, puisque le groupe de Mark Zuckerberg avait lancé en 2016 – avant de renoncer – un autre projet du nom d’Aquila. Concrètement, il s’agissait « d’un drone alimenté par panneaux solaires et à l’autonomie pléthorique, censé servir de relais Internet volant ».

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