Syrie : Washington retire ses troupes au Nord et laisse les forces kurdes à la merci d’Ankara

Publication: 07/10/2019

Si Donald Trump avait indiqué au moins de janvier dernier que le retrait des forces US du nord-est de la Syrie se ferait de manière réfléchie et progressive – et cela afin de tuer l’œuf toute résurgence de l’Etat islamique dans la zone – le chef d’Etat américain a toutefois franchi le cap lundi 7 octobre en officialisant cette opération délicate sur le plan diplomatique et militaire. 

“L’Etat islamique a pratiquement disparu. Nous renvoyons lentement nos troupes à la maison afin qu’elles retrouvent leurs familles, tout en combattant ce qu’il reste de l’EI.”

Ce tweet, en date du 7 janvier et signé par le locataire de la Maison Blanche, démontrait en effet que Washington ne souhaitait pas agir dans la précipitation dans cet épineux dossier. Et pour cause, avec plus de 2000 soldats américains déployés dans le nord de la Syrie, un tel retrait allait logiquement laisser un vide particulièrement profitable aux djihadistes.

Mais aussi aux forces du président turc, Recep Erdogan, impatient d’en découdre avec les forces kurdes du YPG, qu’ils accusent régulièrement de terrorisme sur son territoire… Ce qui est d’ailleurs également valable pour les alliés de Bachar el-Assad. A savoir la Russie et l’Iran, véritable chimère de l’administration Trump et de Tel Aviv.

Recep Erdogan n’en demandait pas tant

En conséquence, ce départ de l’oncle Sam n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd puisque Ankara prévoit déjà une offensive imminente sur les positions kurdes stationnées non loin de la frontière syrienne. Une information confirmée ce matin par R. Erdogan :

On pourrait entrer en Syrie n’importe quelle nuit sans prévenir. Il est absolument hors de question pour nous de tolérer plus longtemps les menaces provenant de ces groupes terroristes.”

Difficile de faire plus limpide, donc.

De son côté, Donald Trump a, comme à son habitude, multiplié les tweets de justification. En substance, l’intéressé s’est délesté de la patate chaude en affirmant que “la Turquie, l’Europe, la Syrie, l’Iran, l’Irak, la Russie et les Kurdes (devront eux-mêmes) résoudre la situation”.  Avant de conclure, royaliste : “Il est temps pour nous de sortir de ces guerres ridicules et sans fin, dont beaucoup sont tribales.”

A bon entendeur… en espérant qu’un nouveau désastre humanitaire ne vienne pas un peu plus assombrir l’actualité d’un pays qui n’en a nullement besoin.

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