La bataille de l’or bleu entre Le Caire et Addis-Adeba décisive pour l’Egypte

Publication: 06/12/2019

L’imposant barrage éthiopien de la Renaissance sur le Nil Bleu, achevé à 70%, pourrait à terme durement impacter les ressources d’eau de l’Egypte ainsi que son économie domestique.

Situé à 40 kilomètres à l’est du Soudan sur le Nil Bleu, le Barrage de la Renaissance déploie en effet près de 6000 mégawatts et fait peser un danger économique et sanitaire certain sur son imposant voisin égyptien.

Et pour cause, si historiquement un traité soudano-égyptien stipulait un partage exclusif du flux entre les deux pays, les trois Etats ont convenu en 2015 de la mise en place d’une coopération tripartite dans le remplissage et l’exploitation du site.

Logiquement, les autorités éthiopiennes ont désormais la main dans ce dossier. Et cela, d’un point de vue “géographique”. De quoi inquiéter les autorités du Caire mais aussi les paysans égyptiens pour qui l’or bleu reste indispensable pour pouvoir travailler.

Le désarroi des paysans égyptiens

Ce (barrage) signifie la dévastation de nos terres agricoles. Comment va-t-on pouvoir conserver notre activité ?”, s’insurge ainsi auprès du Monde, Baharmis, Ahmed, un cultivateur de 23 ans. Une inquiétude que partage Mohamed Omar, l’un de ses acolytes : “Mon champ est à sec depuis des jours. J’ai besoin d’eau avant que d’autres ne se servent Nous dépendons de l’eau du Nil, qui est particulièrement insuffisante l’été”, ajoute de son côté l’intéressé.

Et pour cause, comme le rappelle le média, le Nil, plus long fleuve du monde, sert d’artère vitale pour les dix pays qu’il traverse. En Egypte, il fournit pas moins de 97 % des besoins en eau et ses rives abritent 95 % de la population, passée de 35 millions d’habitants en 1970 à 100 millions aujourd’hui.

Dans les faits, l’Egypte espère obtenir de l’Ethiopie un minimum d’eau garanti, un remplissage du réservoir plus lent pour éviter une pénurie notamment en cas de sécheresse, mais aussi la présence de ses experts sur le chantier.

Des négociations difficiles

Un postulat qui reste lettre morte pour le moment… Et qui a le don d’agacer le gouvernement égyptien qui juge inacceptable la poursuite des travaux à même d’impacter la stabilité régionale.

Il est toutefois important de noter qu’une solution militaire est toujours exclue par le président al-Sissi… Et que de nouvelles négociations ont débuté lundi 2 décembre au Caire.

Pour rappel, l’Egypte a officialisé début 2018 l’élaboration d’une station d’épuration sur le Nil. Le but étant d’anticiper les risques liés à la réduction de son débit*.

*Le niveau de pénurie est atteint lorsque les ressources passent en dessous de 1000 m3 par personne et par an 

Publié par

réagir à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.



Dans la même catégorie

Burkina Faso : un gouvernement en faillite

À neuf mois des élections présidentielles, le Burkina Faso traverse une crise sécuritaire, aggravée par d’importants troubles socio-économiques. Eddie Komboïgo,... Voir l'article

Sultanat d’Oman : les défis de Haitham ben Tarek

Sayed Haïtham ben Tarek al-Saïd succède à Qabous Ibn Saïd al-Saïd sur le trône d’Oman. Le nouveau sultan hérite d’un... Voir l'article

La Russie veut blinder son réseau Internet en cas de déstabilisation du système occidental

Les fournisseurs d’accès Internet russes vont recevoir et installer à court terme des équipements testés par le Kremlin permettant à... Voir l'article

Le Danemark va créer des îles éoliennes pour booster sa production d’énergie verte

Le but : se doter d’une capacité d’énergie offshore de 10 GW supplémentaire à même d’assurer les besoins en électricité... Voir l'article

  • Urgent

    Burkina Faso : un gouvernement en faillite

    À neuf mois des élections présidentielles, le Burkina Faso traverse une crise sécuritaire, aggravée par d’importants troubles socio-économiques. Eddie Komboïgo, principale figure de l’opposition et... Voir l'article

    Sultanat d’Oman : les défis de Haitham ben Tarek

    Sayed Haïtham ben Tarek al-Saïd succède à Qabous Ibn Saïd al-Saïd sur le trône d’Oman. Le nouveau sultan hérite d’un pays relativement stable même s’il... Voir l'article

  • personnalites

    Sultanat d’Oman : les défis de Haitham ben Tarek

    Sayed Haïtham ben Tarek al-Saïd succède à Qabous Ibn Saïd al-Saïd sur le trône d’Oman. Le nouveau sultan hérite d’un pays relativement stable même s’il... Voir l'article

    La France libère pour la première fois l’un de ses ressortissants parti combattre en Syrie

    Flavien Moreau (33 ans), intercepté en 2013 par les services de renseignement hexagonaux et condamné en novembre 2014 à 7 ans de prison, a été... Voir l'article

    Chine : un chercheur emprisonné pour avoir créé des jumelles génétiquement modifiées

    Pour avoir bravé les principes éthiques les plus fondamentaux du monde scientifique, He Jiankui, chercheur à la Southern University of Technology de Shenzhen, a écopé... Voir l'article