Energies : Total signe un contrat aussi exceptionnel que complet en Irak

Gazoduc en Chine

Comme le révèle le site Capital, « c’est un méga-contrat que vient de signer Total Energies en Irak. Dans un communiqué, le groupe français le chiffre à environ 10 milliards de dollars (…) Ce dernier engendrera des investissements dans la production pétrolière, gazière et solaire du pays (…) Le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, était d’ailleurs dimanche dans la capitale perse pour parapher l’accord avec le gouvernement, qui doit durer 25 ans ».

Il s’agit du plus gros investissement d’une entreprise occidentale en Irak (…) Réduire le torchage et relever la production de gaz sont une priorité pour l’Irak comme pour Total. (Ihssan Ismaïl, ministre irakien du Pétrole)

Pétrole, gaz et énergie solaire

  • Le premier des quatre projets actés vise à acheminer de l’eau de mer du Golfe vers les champs pétroliers du Sud, poursuit le média. L’eau, denrée rare, est nécessaire pour extraire le pétrole enfoui dans les sous-sols. Et plus il faut extraire en profondeur, quand les hydrocarbures proches de la surface sont déjà exploités, plus il faut de l’eau, à dessaler.
  • Un autre projet permettra de porter la production du champ pétrolier d’Artawi, dans le sud de l’Irak, de 85 000 barils/jour à 210 000 b/j.
  • Un troisième prévoit la construction d’un complexe qui exploitera les gaz issus des gisements du secteur. Il s’agit notamment, plutôt que de torcher le gaz excédentaire issus de ces champs, de le récupérer à des fins de production électrique. Cela permettra, selon les services du Premier ministre, de réduire les importations de gaz.
  • Enfin, le quatrième projet installera des panneaux solaires à Artawi, près de Bassorah (Sud). A terme, ce site devrait atteindre une capacité de 1000 mégawatts, l’équivalent d’un réacteur nucléaire, selon une source au ministère du Pétrole.

Pénurie énergétique

Il est important de rappeler que l’Irak souffre toujours d’une pénurie énergétique extrêmement préoccupante, et reste ultra-dépendante de l’or noir du voisin iranien, son principal fournisseur. Malheureusement, Téhéran subit parallèlement de plein fouet l’embargo économique décrété début novembre 2018 par Washington à l’échelle planétaire. Une problématique particulièrement éprouvante pour Bagdad.

Et pour cause, la production domestique d’électricité ne couvre que 60% de la demande totale irakienne… Sachant que les attaques terroristes contre les lignes à haute tension se multiplient dans le même temps sur le territoire.

Pas d’autonomie irakienne avant 2022

Quoi qu’il en soit, l’Irak ne pourra pas atteindre l’auto-suffisance énergétique avant 2022, confirme de nombreux experts. En conséquence, une décision d’urgence doit émerger et vite dans ce dossier. Les autorités locales, qui achètent parallèlement plus de 1000 mégawatts d’électricité à l’Iran, avaient ainsi accepté de dessiner une “feuille de route” en échange d’une “exemption” de l’administration Trump dans ce dossier.

En ce sens, Bagdad signa début 2018 un protocole d’accord avec la compagnie US, Orion Gas Processors, pour exploiter le gaz du champ pétrolier de Ben Omar (Sud); Un processus conforté logiquement par ce deal d’envergure conclu avec Total.

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