Les spiritueux français dans la tourmente de l’inflation et des tensions géopolitiques mondiales

Les spiritueux français dans la tourmente de l’inflation et des tensions géopolitiques mondiales

Malgré une reprise partielle après la crise sanitaire, les ventes de spiritueux en France sont de nouveau en recul depuis janvier. La Fédération Française des Spiritueux (FFS) craint une année 2022 difficile en raison notamment du contexte international.

Guerre en Ukraine, tensions géopolitiques, inflation, restrictions liées au Covid-19 dans certaines pays… Comme de nombreux secteurs soumis aux aléas de la conjoncture internationale, les producteurs français de spiritueux, qui représentent le deuxième poste excédentaire de la balance commerciale française derrière l’aéronautique, s’attendent à une année encore difficile.

Recul des ventes en France et exportations en baisse

Malgré un léger rebond du marché en 2021 – un rattrapage de la chute de la consommation causée par la crise sanitaire en 2020 -, la Fédération Française des Spiritueux (FFS) note en effet une baisse des ventes sur le premier semestre 2022. Sur un an, à fin mai, la baisse atteint 4%, avec un recul net pour le whisky et les boissons anisés. De janvier à mai 2022, le volume de vente descend même jusqu’à 7%. Selon Jean-Pierre Cointreau, PDG du groupe Renaud-Cointreau et président de la FFS, laquelle regroupe 250 entreprises du secteur, les exportations ont également enregistré une forte baisse au cours des derniers mois. Elles représentaient en 2021 près de la moitié des ventes totales en valeur. Elles étaient surtout en hausse de 30%, à 4,9 milliards d’euros. Une hausse qui devrait donc subir un sévère coup d’arrêt en 2022.

Ce sont en effet les principaux marchés à l’exportation qui sont les plus impactés. Par l’inflation, comme aux États-Unis qui représentent 44 % des expéditions totales de spiritueux français en valeur. Ou par les mesures sanitaires drastiques prises par les autorités gouvernementales, comme en Chine dont le marché représente 29% des exportations de spiritueux français.

La géopolitique, un paramètre essentiel

En France, où la consommation d’alcool baisse d’année en année, le bilan est plus mitigé. Si les volumes de transactions dans les magasins de détail ont stagné en 2021, les ventes, tirées par les spiritueux blancs comme la vodka et le gin, ont malgré tout gagné 2 % en valeur pour s’établir à 5,2 milliards d’euros. Elles ont également augmenté dans les hôtels et les restaurants même si l’embellie ressemble plus à un trompe l’œil qu’à une véritable croissance. Le hausse est en effet dû à la réouverture des établissements, fermés en 2020 à cause de la crise sanitaire, les discothèques ayant repris leur activité parmi les dernières. En outre, elles sont restées bien en dessous des niveaux pré-pandémiques, et les rhums et les liqueurs – qui servent à faire des cocktails – sont particulièrement à la peine. Après seulement 5 mois d’activité normale en 2021 à cause de la crise sanitaire, c’est donc un coup dur pour ce secteur qui est loin d’avoir retrouvé son niveau de 2019.

« Il est clair que la géopolitique va être un des paramètres les plus importants dans l’année qui vient », explique la FFS dans un communiqué. A cet égard, la guerre en Ukraine et les tensions entre la Chine et Taïwan vont avoir un impact déterminant sur les exportations de spiritueux français. Les céréales, notamment utilisées dans la production de vodka, pourraient ainsi souffrir de pénuries d’approvisionnement liées au conflit ukrainien mais aussi des aléas climatiques  qui rendent les prévisions de rendement et de production de plus en plus incertaines.

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