En Libye, le risque djihadiste toujours présent

Le 19 juin, Khalifa Haftar annonçait une zone militaire fermée à la frontière algérienne. Une action majeure du commandant en chef de l’armée libyenne dans sa lutte contre le terrorisme et la défense de la Nation, alors que la conférence de Berlin II sur l’avenir de la Libye s’est tenue il y a quelques jours.  

Au nom de la lutte contre le terrorisme dans le sud Libyen, samedi 19 juin, le Maréchal Haftar déclarait la frontière avec l’Algérie une “zone militaire fermée”. La chaîne “Libya Al-Hadath”, publiait des images montrant le déploiement d’un nombre important de véhicules et de pick-ups armés de la milice pro-Haftar, mobilisés à la frontière algérienne, où les déplacements sont désormais interdits. 

Depuis sa nomination, le pouvoir à Tripoli entame des discussions avec Alger pour l’ouverture de ce passage, utile pour les échanges commerciaux. Pour autant, selon le dirigeant de l’Est Libyen, la frontière entre les deux pays est fréquemment utilisée par les trafiquants et terroristes de toutes nationalités et représente un danger pour la stabilité du pays. 

“Notre devoir est de défendre la Nation”

L’annonce du camp Haftar intervient après le lancement d’une opération militaire dans le Sud du pays, jeudi dernier. L’objectif ? Traquer les “terroristes”. Car le Maréchal Haftar représente un pilier dans la lutte antiterroriste en Libye. Si ses actions sont parfois contestées sur la scène internationale, il reste un maillon fort dans la stratégie de reconstruction nationale. Pilier à la fois politique et militaire, le Maréchal, qui détient 70% du territoire, ne cesse de prôner la souveraineté nationale, et lutter contre les ingérences étrangères. 

A l’instar de la Turquie, qui début 2020 annonçait son soutien officiel au Premier ministre libyen Fayez Al-Sarraj et aux troupes du Gouvernement d’union nationale (GNA), mettant de facto en difficulté le parti du Maréchal. Ajouter à cela l’influence des Frères musulmans, le Maréchal rencontre de nombreuses difficultés. “Des transporteurs aériens déversent des terroristes par milliers de la Syrie vers Istanbul, puis vers Tripoli ; le président turc menace directement de frapper l’ANL (Armée nationale libyenne, la force armée du Maréchal Haftar, ndlr)”, déclarait-il en février 2020. Et d’ajouter “depuis le début de la crise, il est évident que la Turquie ne veut pas que la Libye se stabilise. Nous ne l’avons jamais provoquée, c’est elle qui envoie des armes et des terroristes. Notre devoir est de défendre notre Nation”. 

Une défense qui passe en partie par une lutte acharnée contre le terrorisme. Et pour cela, le maréchal Haftar peut compter sur le soutien a minima de Paris, du Caire et des Emirats. En 2019, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian affirmait d’ailleurs “c’est vrai que nous estimons qu’il [Haftar] fait partie de la solution”, en poursuivant “Haftar a lutté contre le terrorisme à Benghazi et dans le sud de la Libye et cela était dans notre intérêt, celui des pays du Sahel, celui des voisins de la Libye”. Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi affirmait de son côté que toute avancée du GNA, soutenue par Ankara, vers Syrte pourrait mener à une action “directe” de la part de l’Egypte. Un soutien qui demeurait indispensable à quelques semaines de la dernière conférence de Berlin. 

Conférence de Berlin II

Les démarches entreprises par le Maréchal Haftar sont intervenues à quelques jours de la conférence de Berlin II. L’objectif ? Poser les bases de la stabilité en Libye, préparer le départ des combattants et mercenaires étrangers et organiser les prochaines élections présidentielle et législative de décembre, a fait savoir début juin le porte-parole onusien Stéphane Dujarric. 

Au même moment, le Premier ministre libyen et le ministre français des Affaires étrangères s’étaient rencontrés en vue de la conférence du 23 juin dernier. “Les deux parties ont discuté lors de cette rencontre de la coordination conjointe pour la Conférence de Berlin II, ainsi que des prochaines réunions du Conseil de sécurité, lequel sera présidé par la France”, indique le communiqué du bureau des médias du gouvernement libyen. Un moment fort qui permettra de préparer plus sereinement les prochains mois.

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