Iran : Téhéran ne s’octroie plus de limite sur le dossier de l’uranium enrichi

Sous le coup de nouvelles sanctions US depuis le mois de novembre, l’Iran avance ses pions et a annoncé dimanche 5 janvier « qu’il ne se sentait désormais plus tenu par aucune limite sur le nombre de ses centrifugeuses ». Et cela, alors que ce dernier devait présenter à la communauté internationale la dernière phase de son plan de réduction sur la problématique du nucléaire.

Selon Ouest France, cette annonce survient dans un climat de tensions accrues entre les États-Unis et Téhéran après l’assassinat du général iranien, Qassem Soleimani, tué le 3 janvier dernier par une frappe aérienne américaine à Bagdad.

Toutefois, il est important de noter que le gouvernement iranien poursuivra sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) :

« Il n’y a plus aucun obstacle entravant le programme nucléaire de la République islamique d’Iran sur le plan opérationnel, qu’il s’agisse de la capacité à enrichir l’uranium, du niveau d’enrichissement, de la quantité de matériau enrichi, ou de la recherche et développement. Toutefois, (notre) programme nucléaire continuera désormais uniquement sur la base des besoins techniques du pays. »

Washington tourne le dos à l’accord de Vienne de 2015

Pour rappel, les sanctions US  à l’encontre des secteurs pétrolier et financier iraniens (levées sous la présidence d’Obama), ont retrouvé de leur superbe lundi 5 novembre. Cette décision est le fruit de la politique menée par Donald Trump. Le magnat de l’immobilier n’ayant jamais caché sa méfiance envers les intentions nucléaires du géant perse, tout en fortifiant parallèlement une relation diplomatique toujours plus forte avec Israël… ennemi héréditaire de l’Iran.

En conséquence, Washington entraîne également l’Europe dans son sillage. Le Vieux Continent, sous pression dans ce dossier, doit donc trouver des solutions alternatives pour continuer à commercer avec Téhéran. Et cela, sans froisser l’ogre américain.

Ce qui est loin d’être une partie de plaisir dans les faits puisque la Maison Blanche opère un chantage particulièrement tenace envers les pays tiers se risquant à braver les interdits.

Washington menace

Les entreprises asiatiques et de l’UE seront ainsi exclues du marché outre-Atlantique si elles persistent à importer du pétrole iranien, ou d’échanger avec des banques locales ciblées par l’Oncle Sam. Ces dernières n’ont d’ailleurs plus accès aux circuits financiers internationaux, bloquant de facto tout possibilité de virement, par exemple.

Selon Europe 1, beaucoup de structures devraient donc choisir les États-Unis ou l’ont déjà fait. Sachant que huit pays bénéficieront malgré tout d’une exemption pour le pétrole, dont la Turquie, et peut-être la Chine et l’Inde.

Par ailleurs, il est important de noter qu’une liste noire comprenant 600 individus et entités en Iran verra prochainement le jour, a rappelé récemment Mike Pompeo, le chef de la diplomatie US. Le but : “Forcer le régime d’Hassan Rohani à changer de comportement”.

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