Conflit ukrainien : Moscou se tourne vers la Chine pour exporter son gaz

Nord Stream 2

Alors que Berlin et Washington ont enterré il y a deux semaines le méga-projet Nord Stream 2 – un gazoduc reliant la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique, après un trajet sous l’eau de 1230 km – qui aurait permis à l’Allemagne d’accomplir sa transition énergétique – la Russie a trouvé une porte de sortie pour ses énormes ressources gazières capitales pour l’économie de la Mère Patrie. Il s’agit de la Chine.

Comme le souligne le site Gaz Naturel, l’Union européenne est en effet le premier partenaire commercial de la Russie, avec 37 % de ses échanges commerciaux en 2020. Ce qui explique l’effet dévastateur des sanctions européennes sur l’économie russe (et, corrélativement, sur l’économie du Vieux continent).

De son côté, le média précise que Moscou semble beaucoup moins effrayé que l’UE d’une potentielle rupture des exportations russes de gaz naturel vers le Vieux continent (qui représentaient, en moyenne, 13 milliards de mètres cube par mois jusqu’à l’automne 2021, ce chiffre n’ayant fait que diminuer depuis).

Et ajoute que le 1er mars 2022, Moscou et Pékin ont signé un méga-contrat pour la construction d’un gazoduc qui traversera la Mongolie et la Chine, d’une capacité de 50 milliards de mètres cube par an, équivalente à celle de Nord Stream 2, et qui devrait rentrer en service d’ici 2025.

Nord Stream 2, un véritable gâchis économique

Pour rappel, Nord Stream 2 consiste en deux lignes de gazoduc longeant le premier existant, Nord Stream, et reliant la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique, après un trajet sous l’eau de 1230 km. En mer, 68 km de tuyaux ont été déposés dans les eaux territoriales allemandes. Et le reste, à l’autre bout depuis le port russe de Oust-Louga.

Cette nouvelle conduite sous-marine dispose d’une capacité de 55 milliards de mètres cubes pour un coût estimé à 11 milliards d’euros, financée pour moitié par Gazprom et par cinq compagnies du Vieux continent, chacune apportant 950 millions d’euros.

A son arrivée, le gaz était censé subir une compression à 200 bars avant son acheminement vers le marché européen. Gazprom pouvait ainsi répondre à la demande croissante de gaz en Europe, évaluée à 120 milliards de mètres cubes supplémentaires en 2035.

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