Les pays occidentaux ne lésinent pas leur aide à l’Ukraine

Les pays occidentaux ne lésinent pas leur aide à l’Ukraine

Les aides financières et matérielles à l’Ukraine se multiplient depuis le début du conflit. De nouvelles contributions sont à l’étude. Mais les pays les plus généreux ne sont pas forcément ceux que l’on croit.

Depuis son lieu de vacances dans les Îles Vierges américaines, le président Joe Biden a promulgué le jeudi 29 décembre une loi de finances d’un total de 1 700 milliards de dollars. Ce texte, dédié aux services fédéraux, n’en prévoit pas moins une enveloppe de 45 milliards d’aide économique et militaire à Kiev. Ayant reçu préalablement le soutien de certains républicains, il devrait s’assurer un passage facile au Congrès. Et ce, malgré les réticences de l’opposition concernant l’assistance financière à l’Ukraine.

108,01 milliards d’euros entre janvier et novembre 2022

Volodymyr Zelensky s’était d’ailleurs rendu à Washington en décembre pour demander une aide accrue. Il semblerait donc qu’il est été entendu, d’autant plus que les Etats-Unis avaient déjà annoncé qu’ils étaient prêts à fournir des missiles antiaériens Patriot à Kiev, en particulier pour protéger ses infrastructures énergétiques mises à mal par les bombardements russes de plus en plus fréquents.

Cette nouvelle contribution viendra s’ajouter aux quelques 47,82 milliards d’euros annoncés par les Etats-Unis depuis février 2022 (dont 22,9 milliards en aide militaire).

Selon les chiffres de l’Institut Kiel pour l’économie mondiale, les soutiens de Kiev se sont engagé à verser au moins 108,01 milliards d’euros d’aide militaire, financière et humanitaire entre janvier et novembre 2022. Si, avec cette nouvelle aide, Washington va devenir le premier donateur depuis le début de l’offensive russe, les États membres de l’Union européenne (UE) ne sont pas en reste avec des aides à la fois bilatérales (16,23 milliards d’euros) ou communes, provenant des fonds de l’Union européenne (29,89 milliards d’euros). Le total de l’aide européenne à l’Ukraine s’élève ainsi à 46,12 milliards d’euros.

Les Etats-Unis seulement 9e du classement

Des chiffres à prendre cependant avec circonspection. Les pays les plus riches se montrent certes les plus généreux en valeur absolue. Mais le constat est beaucoup plus nuancé en valeur relative. Rapportés au PIB des pays contributeurs, les Etats-Unis ne sont en effet que 9e de ce classement (0,23%). Loin derrière la Lettonie (1,1% de son PIB), de la Pologne (0,5%) ou de la Norvège (0,34%). Sur cette base, la France est vingt-deuxième du classement avec 0,05 de son PIB consacré à l’aide ukrainienne selon les données de l’Institut Kiel.

De son côté, l’Élysée détaille sa contribution bilatérale en cours de la manière suivante : une aide militaire de 750 millions d’euros, une aide humanitaire de 371,6 millions d’euros, une aide financière de 1,6 milliard d’euros et une aide judiciaire de 13,9 millions d’euros. Soit, au total 2,7 milliards d’euros.

Le risque ? Dégarnir les forces nationales

En outre, la France a effectué des « cessions » de matériels militaires (équipements de combattants, armements antichars et anti-aériens, munitions, des véhicules blindés VAB et de transport) pour renforcer la capacité opérationnelle des forces armées ukrainiennes, sans oublier les 18 canons Caesar, les 6 canons TRF1 de 155 mm, les 2 lance-roquettes unitaires (LRU) et les 2 systèmes Crotales de défense anti-aérienne…

L’industrie française d’armement travaillant en flux tendu, ces « cessions » oblige à puiser dans des stocks déjà maigres pour « la première armée européenne », par ailleurs engagée ailleurs dans le monde. Concrètement, Paris puise dans ses ressources pour soutenir l’Ukraine, ce qui contribue à désarmer les forces nationales mettait ainsi récemment en garde le Général Christophe Gomart, ancien chef du renseignement militaire, sur Europe 1.

Restent enfin les ressources mobilisées pour les millions d’Ukrainiens qui ont fui leur pays. Cent mille ont été accueillis en France et 20 000 d’entre eux ont été inscrits dans le système éducatif français selon les données de l’Elysée. Loin des 8,1 millions accueillis par la Pologne et les 1,6 millions qui ont trouvé refuge en Roumanie.

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