Le marché de l’art ne connaît pas la crise

Le marché de l’art ne connaît pas la crise

2022 est une année de records pour les ventes aux enchères. Tiré par les résultats impressionnants de quelques collections passées sous le marteau aux Etats-Unis, le marché de l’art fait mieux que démontrer sa résilience face aux crises économiques et géopolitiques.

Après deux années faussées par la crise sanitaire, le marché de l’art mondial repart à la hausse. Les deux mastodontes du secteur, la société d’enchères Christie’s et sa concurrente Sotheby’s, n’ont montré aucun signe de faiblesse depuis le début de l’année.

Une année faste pour Christie’s et Sotheby’s

Au contraire, elles ont annoncé une année record avec respectivement 8,4 milliards de dollars de ventes pour la société londonienne dirigée par Guillaume Cerruti (contre 4,4 milliards en 2021) et 8 milliards de dollars pour la multinationale américaine, propriété du milliardaire franco-israélien Patrick Drahi, présidée par Charles Stewart (contre 4 milliards l’année dernière).

Les deux institutions, qui concentrent à elles seules près de 50% du marché, continuent ainsi d’assoir leur domination sur les ventes internationales à l’encan. Au total, ces dernières auront généré un chiffre d’affaires de 65,1 milliards de dollars en 2022 selon le rapport annuel « The Art Market 2022 » publié par Art Basel & UBS.

La collection Allen : un record pour une collection privée

Le contexte économique et géopolitique troublé n’a donc pas entamé la confiance des acheteurs, très présents, notamment lors de la mise en vente de grandes collections, comme celle de Paul Allen, le co-fondateur de Microsoft, décédé en 2018. Pour cette vente organisée par Christie’s au Rockefeller Center, à New York, les 9 et 10 novembre, Christie’s a totalisé pas moins de 1,62 milliards de dollars d’adjudications. Un nouveau record avec le montant le plus élevé jamais atteint par une collection privée.

Cinq œuvres ont notamment dépassé la barre des 100 millions de dollars chacune. Une performance inégalée lors d’une seule et même vente. Il s’agit des « Poseuses Ensemble – Petite version » de Georges Seurat (149,2 millions de dollars), de « La montagne Sainte-Victoire » de Paul Cézanne (137,7 millions), du « Verger avec cyprès » de Vincent Van Gogh (117,1 millions), de « Maternité II » de Paul Gauguin (105,7 millions) et de « Birch Forest » de Gustav Klimt (104,5 millions).

Des ventes records tout au long de l’année

Le montant des ventes de cette collection exceptionnelle – 55 chefs d’oeuvre s’étendant sur 500 ans d’histoire de l’art – a ainsi dynamité le précédent record établie par la collection Macklowe, du nom d’un richissime couple new-yorkais, qui a atteint 922 millions de dollars chez Sotheby’s au printemps.

Valeur refuge par temps de crise, animé par les riches collectionneurs internationaux, le marché de l’art continue de croître de manière insolente malgré les incertitudes géopolitiques et économiques. En témoigne encore la vente en mai dernier, toujours chez Cristie’s, d’un célèbre portrait de Marilyn Monroe par Andy Warhol, lequel avait atteint le record de l’œuvre d’art du XXe siècle la plus chère vendue aux enchères (195 millions de dollars).

Côté acheteurs, si « les asiatiques ont été absolument cruciaux pour le résultat » de la collection Allen d’après Christie’s, ceux de l’Asie-Pacifique sont en recul de 31 à 26% par rapport à l’année dernière. Ceux originaires d’Amérique du Nord et du Sud sont en hausse (40% en valeur, 35% en 2021).

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