Affaire Meng Hongwei : Pékin rompt sa coopération policière avec la France

Publication: 03/08/2019

Près de huit mois après la disparition de son mari, Hongwei Meng, ex-patron chinois d’Interpol, Grace Meng avait obtenu en mai dernier le statut de réfugié politique dans l’Hexagone, tout comme ses deux enfants. Une décision qui a visiblement déplu à Pékin, puisque les autorités chinoises ont signifié à la France, fin juillet, qu’elles rompaient toute coopération policière avec Paris.

Selon Le Monde, le géant asiatique souhaitait en effet obtenir le retour “au bercail” de Grace Meng afin d’engager contre elle des poursuites, en qualité de complice, des infractions reprochées à son mari.

Dans les faits, l’Organisation internationale de police criminelle, basée à Lyon, avait pris acte le 7 octobre 2018 de la démission de son président, Meng Hongwei. Ce dernier, accusé de corruption par Pékin, était retenu dans son pays d’origine depuis près d’un mois et demi. Il fut ensuite exclu en mars 2019 du Parti communiste chinois, puis arrêté.

Le secrétaire général de l’institution, Jürgen Stock, avait alors annoncé le 8 novembre 2018 qu’Interpol se devait d’accepter cette décision, aussi énigmatique soit-elle. Avant de confirmer implicitement que cette requête n’avait pas été entendue par la Chine… Et qu’une enquête était en cours afin de faire toute la lumière sur cette affaire.

Pékin reste très évasif

Il est d’ailleurs important de souligner qu’Interpol n’a eu en sa possession qu’un courrier de démission comportant… seulement deux lignes. Qui plus est sans signature manuscrite.

Quant aux faits de corruption reprochés à Meng Hongwei, J. Stock a précisé que ces agissements n’avaient pas de lien direct avec l’organisation, mais concernaient uniquement la relation entre son ex-président et Pékin.

Pour information, la présidence d’Interpol reste essentiellement honorifique. Pour autant, le fait qu’un proche du régime communiste occupe cette fonction depuis 2016 a toujours attisé la méfiance des dissidents chinois réfugiés à l’étranger. Ces derniers estimant que leur liberté pourrait être de facto entravée.

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