Josep Borrell en visite à Téhéran pour préserver l’Accord sur le nucléaire

Publication: 03/02/2020

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, s’est rendu lundi 3 février dans la capitale iranienne afin de conforter le gouvernement local de la volonté de l’UE de préserver, malgré l’embargo de Washington, l’Accord sur le nucléaire signé en juillet 2015 à Vienne. Et cela, alors que les tensions entre Iraniens, Américains et Saoudiens atteignent des niveaux inquiétants. 

Selon Le Dauphiné, le président Rohani et J. Borrell ont notamment discuté de la situation dans le golfe Persique et de la nécessité de réduire les tensions régionales. Le chef d’Etat iranien a confirmé pour l’occasion être “prêt à coopérer avec l’UE en vue d’une résolution des problèmes et à revenir au respect de ses engagements lorsque les autres parties à l’accord rempliraient complètement leurs obligations”.

Pour rappel,  ce dernier a rappelé en septembre dernier aux Nation unies qu’il refusait de se déplacer à Washington pour s’entretenir avec Donald Trump sur l’épineux dossier du nucléaire et des tensions au Moyen-Orient. Et cela, tant que l’oncle Sam maintiendra ses sanctions économiques et diplomatiques envers la République islamique.

Rohani répondait ainsi au locataire de la Maison Blanche, qui rappelons-le, a tourné le dos en novembre 2018 à l’Accord de Vienne officialisé en grande pompe trois ans plus tôt. Et réintroduit dans la foulée de lourdes sanctions contre Téhéran.

Washington menace de durcir les sanctions

Dans les faits, Washington a également entraîné une grande partie de la communauté internationale dans son sillage. Cette dernière doit donc trouver des solutions alternatives pour continuer à commercer avec Téhéran, sous peine de froisser l’ogre américain. Un chantier loin d’être une partie de plaisir tant les Etats-Unis opèrent un chantage tenace envers les pays tiers se risquant à braver les interdits.

Les entreprises asiatiques et de l’UE risquent dès lors une exclusion du marché outre-Atlantique si elles persistent à importer du pétrole iranien, ou d’échanger avec des banques locales ciblées par DC. Celles-ci peuvent d’ailleurs de ne plus avoir accès aux circuits financiers internationaux, bloquant de facto tout possibilité de virement, par exemple.

A ce titre, le chef de la diplomatie US, Mike Pompeo, a par exemple annoncé des sanctions contre des sociétés chinoises accusées de transporter sciemment du pétrole depuis l’Iran. Le tout en violation de l’embargo américain.

L’UE crée un système de troc pour continuer à commercer avec l’Iran

De leur côté, Paris, Londres et Berlin ont accordé leurs violons jeudi 31 janvier afin de créer un système de troc, baptisé Instex (Instrument in Support of Trade Exchanges). Un dispositif permettant aux entreprises du Vieux Continent de contourner les règles dissuasives mises en place par l’Oncle Sam pour empêcher l’Iran de sortir la tête de l’eau dans ce dossier.

Concrètement, cette création intergouvernementale, placée sous l’égide de l’UE, entre dans le cadre d’un texte de conclusions sur l’Iran approuvé par les représentants des 28 à Bruxelles.

Au final, aucun transfert d’argent et flux financier (le point permettant de contourner les règles américaines NDLR) n’est réalisé entre l’Iran et les pays européens.

A suivre…

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