Pesticides dans le vin : les “largesses” du label Haute Valeur Environnementale

L’Association Internationale pour une Santé naturelle, Scientifique et Humaniste est montée au créneau pour dénoncer le scandale du label “Haute Valeur Environnementale (HEV)” permettant de garantir aux consommateurs le respect de l’environnement de la part des producteurs viticoles concernés. Or des pesticides restent présents dans le vin malgré l’octroi du précieux sésame.

“Valérie Murat est une lanceuse d’alerte exemplaire. Si nous ne la soutenons pas de tout notre poids, ce sera la victoire par KO de l’agro-business contre la filière bio. Pour Valérie Murat, agir contre les pesticides dangereux est le combat d’une vie. Son propre père, vigneron, est mort d’un cancer, reconnu « maladie professionnelle ». Il avait eu le malheur de traiter ses vignes avec un produit toxique, autorisé à l’époque. Alors en septembre dernier, Valérie Murat a pris une initiative courageuse. Avec son association, elle a fait analyser en laboratoire 22 bouteilles de vin.

Ces 22 bouteilles n’étaient pas « bio » (garanti sans pesticide de synthèse). Mais ces 22 bouteilles affichaient un label censé garantir le « respect de l’environnement » : le label Haute Valeur Environnementale (HVE). Et c’est là que le scandale commence. Car les analyses en laboratoire ont révélé la présence, dans ces bouteilles :

1 – Des perturbateurs endocriniens potentiels ;

2 – De substances classées CMR probables : cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques; 

3 – Des fongicides SDHI, mortels pour les abeilles, et inquiétants pour l’homme. Et malgré tous ces toxiques, ces bouteilles avaient obtenu le label HVE !

Vous avez bien lu, on peut bénéficier du label Haute Valeur Environnementale (HVE) même si on utilise massivement des pesticides et toxiques qui se répandent dans l’air, dans les sols, dans les eaux, malmènent la biodiversité et sont dangereux pour les vignerons, les riverains et les consommateurs ! C’est une tromperie extrêmement choquante. Et c’est cela que Valérie voulait dénoncer ! Mais savez-vous ce qui lui est arrivé ? Pour avoir analysé ces bouteilles et dit la vérité, elle a été condamnée à 125 000 euros !

Le 25 février dernier, le tribunal judiciaire de Libourne l’a condamnée pour « dénigrement collectif » de la filière vin. Non seulement son association doit payer 125 000 euros, une somme énorme… mais elle a aussi l’interdiction de parler des analyses des 22 bouteilles, et elle doit supprimer toutes les publications à ce sujet de son site Internet ! Son avocat, Eric Morin, a dénoncé une « procédure bâillon ». En effet, c’est clairement de la censure, pour faire taire une lanceuse d’alerte ! C’est d’autant plus scandaleux que Valérie avait raison sur toute la ligne !

La chaîne France 2 a fait les mêmes analyses… et trouvé les mêmes résultats ! France Télévision a analysé une bouteille de vin labellisée « Haute Valeur Environnementale ». Elle a trouvé des traces de plusieurs produits dangereux. Dont le thiametoxame, un néo-nicotoïde qui tue les abeilles et le Fosetyl-Aluminium, un organophosphoré.

Le label HVE a été créé en 2012 sous la pression de géants de l’agro-chimie, comme Monsanto-Bayer. Pour obtenir le label, il suffit de réduire un peu la consommation d’eau, d’engrais ou de gasoil. Mais il n’y a aucune interdiction d’utiliser des pesticides de synthèse ! Résultat : cela permet à des agriculteurs non bio, qui répandent des pesticides sur leurs récoltes, d’afficher un beau label qui rassure le consommateur.

A bon entendeur…

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